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	<title>Le Jardin des Déesses</title>
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		<title>Reconstituer la biodiversité: Comment créer des jardins-forêts</title>
		<link>https://lejardindesdeesses.fr/2020/07/01/goutte-dinspiration-29/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie-France]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jul 2020 13:27:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Gouttes d'inspiration]]></category>
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					<description><![CDATA[En début d’année, nous avions évoqué les jardins-forêts, inspirées notamment par Martin Crawford, à propos des corridors d’échanges vitaux et des îlots de biodiversité. Vous avez été nombreux et nombreuses à nous poser des questions&#160;: comment ces forêts fonctionnent-elles&#160;? En quoi sont-elles bénéfiques&#160;? Que puis-je faire, à mon échelle&#160;? Les jardins-forêts sont des milieux créés&#8230;
 <p> <a class="more-link" href="https://lejardindesdeesses.fr/2020/07/01/goutte-dinspiration-29/">Lire la suite</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<p>En début d’année, nous avions évoqué les jardins-forêts, inspirées notamment par Martin Crawford, à propos des <a href="https://lejardindesdeesses.fr/2020/01/29/goutte-dinspiration-13/">corridors d’échanges vitaux</a> et des îlots de biodiversité. Vous avez été nombreux et nombreuses à nous poser des questions&nbsp;: comment ces forêts fonctionnent-elles&nbsp;? En quoi sont-elles bénéfiques&nbsp;? Que puis-je faire, à mon échelle&nbsp;?</p>



<p></p>



<p>Les jardins-forêts sont des milieux créés par l’homme et inspirés des forêts naturelles. Le terme vient du fait qu’ils peuvent être créés dans de petits espaces, dans un jardin, une cour d’école, devant un immeuble de bureaux ou sur une place publique. Ils ne sont donc pas un morceau de nature isolé&nbsp;: ils peuvent être intégrés à l’espace urbain pour ramener la nature dans notre quotidien.</p>



<p>Ils permettent de reconstituer la biodiversité et de préserver la flore et la faune locale, tout en améliorant notre cadre de vie, grâce à plusieurs caractéristiques.</p>



<p>Tout d’abord leur structure. Les plantes poussent sur différents étages de végétation&nbsp;: la couche la plus haute, la canopée, est constituée de grands arbres ; un peu plus bas, on trouve des arbustes ou arbrisseaux&nbsp;; puis des buissons, et enfin des plantes herbacées, près du sol. D’autres niveaux peuvent s’ajouter à cette structure de base, par exemple des plantes couvre-sol qui se propagent horizontalement ou encore une couche verticale de plantes grimpantes, telles que des vignes.</p>



<p>Quel est l’intérêt de cette structure&nbsp;? Elle permet avant tout une densité incroyable de plantes – et donc de la faune qu’elles abritent -, précieuse dans nos villes où chaque mètre carré doit être disputé au béton. Les couches végétales se complètent aussi les unes les autres&nbsp;: les plantes couvrantes protègent le sol du dessèchement l’été et du gel en hiver. Les grands arbres, en retour, fournissent de l’ombre et perdent leurs feuilles qui sont transformées en nutriments pour eux-mêmes et pour les autres plantes.</p>



<p>Deuxièmement, la forêt-jardin nous apprend patience et résilience.</p>



<p>Notre mode de production industriel&nbsp;consiste à retrancher des matériaux à l’environnement et les transformer de manière irréversible ; dans la nature, où chaque élément redevient une ressource à la fin d’un cycle, <a href="https://lejardindesdeesses.fr/2019/09/25/gouttes-dinspiration-8/">il n’y a pas de déchet</a>. Pendant les premiers mois, la forêt grandit en profondeur. Elle nous semble à l’arrêt. En réalité, les racines qui poussent sous la surface forment un maillage qui retiennent le sol et abritent microbes et champignons, qui apportent des nutriments aux jeunes pousses. Des symbioses se créent.</p>



<p>Après les premières années où l’arrosage et l’élimination de certaines plantes est nécessaire, la forêt dense entre dans un cycle d’auto-préservation. L’eau est retenue dans le sol et la biomasse de la forêt fournit les nutriments nécessaires à sa croissance. Sans intervention humaine, le jardin-forêt peut théoriquement se régénérer à l’infini.</p>



<p>Les jardins-forêts sont donc une branche de la permaculture. Ce terme vient en effet de la contraction de l’anglais <em>permanent agriculture</em>, qui vise à créer des habitats humains plus autonomes, <a href="https://lejardindesdeesses.fr/2020/04/13/goutte-dinspiration-22/">durables et résilients</a>.</p>



<p>Et si ces symbioses peuvent se développer, c’est que les éléments du jardin-forêt sont locaux et que le jardinier ne fait que les rassembler dans un contexte favorable : sol, biomasse, micro-organismes et graines ou pousses sont natifs de la région, c’est-à-dire présents avant toute intervention humaine. Les engrais ou pesticides qui visent à remplacer les interactions entre éléments minéraux et entre êtres vivants ne sont donc pas nécessaire. Le jardin-forêt est un système fondé sur l’efficacité, où aucune particule de matière ou goutte d’énergie – la nôtre ou celle des plantes – n’est perdue.</p>



<p>Travailler avec la nature plutôt que contre elle. Et trouver notre place légitime dans notre environnement.</p>



<p>La notion de jardin-forêt ne prétend donc pas donner une méthode d’agriculture générale. Ce concept de diversité est à l’opposé de l’uniformisation et de l’appauvrissement des espèces, des pratiques et des savoir-faire.</p>



<p>Enfin, le jardin-forêt est avant tout collectif. Famille, école, village ou quartier, entreprise&nbsp;: peu importe l’échelle, le jardin-forêt réuni autour d’un projet et de bénéfices communs. Il peut être conçu dans l’optique d’une production alimentaire, en plantant des arbres fruitiers ou à coque, des buissons à baies ou aromatiques, ou encore des légumes vivaces et des plantes médicinales. Ils forment alors les agroécosystèmes (c’est-à-dire les écosystèmes modifiés par l’homme pour exploiter une partie de sa production organique) les plus résistants et jouent un rôle essentiel dans la sécurité alimentaire de demain.</p>



<p>Plus généralement, Wen Rolland, un permaculteur Québécois, propose le terme de forêt nourricière comme espace nourricier non seulement pour l&#8217;humain, mais aussi pour l&#8217;ensemble des habitants de l&#8217;écosystème ainsi que pour le sol, tout en nourrissant l&#8217;inspiration de ceux qui y travaillent et s&#8217;y promènent par sa beauté naturelle.</p>



<p>Biodiversité, qualité de l’air, réduction du bruit et de la poussière, nourriture saine pour le collectif&nbsp;: le jardin-forêt répond à la dégradation à la fois du corps, de l’écosystème et de l’esprit.</p>



<p>Et vous, comment imaginez-vous ramener la nature dans votre jardin ?</p>



<p>Marie-France Fourrier et Elena Richard</p>



<p></p>



<p>L’entreprise Afforestt (<a href="https://www.afforestt.com/">site ici</a>) créé des jardins-forêts dans le monde entier et proposent de faire grandir 300 arbres sur l’espace occupé par 6 places de parking. Des ressources en accès libre sur la création de jardins-forêts sont en cours de rédaction</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Exploration de modèles économiques alternatifs (3/3) : Du commerce à l&#8217;écologie de marché</title>
		<link>https://lejardindesdeesses.fr/2020/06/24/goutte-dinspiration-27/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie-France]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Jun 2020 23:12:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Gouttes d'inspiration]]></category>
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					<description><![CDATA[Nous vous proposons pour les prochaines &#8220;gouttes d&#8217;inspiration&#8221; des extraits du livre&#160;The Ecology of Commerce publié en 1993 par Paul Hawken*,&#160;auteur de Drawdown et directeur exécutif du « Drawdown Project » et du collectif de scientifiques qui y participent (lien ici). A rapprocher des recommandations de la convention citoyenne pour le climat &#8230; «&#160;Si le&#8230;
 <p> <a class="more-link" href="https://lejardindesdeesses.fr/2020/06/24/goutte-dinspiration-27/">Lire la suite</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<p>Nous vous proposons pour les prochaines &#8220;gouttes d&#8217;inspiration&#8221; des extraits du <em>livre&nbsp;<strong>The Ecology of Commerce </strong></em><strong>publié en 1993 par Paul Hawken</strong>*,&nbsp;<strong>auteur de <em>Drawdown</em> et directeur exécutif du « Drawdown Project » et du collectif de scientifiques qui y participent <a href="https://www.drawdown.org/solutions">(lien ici)</a>.</strong></p>



<p>A rapprocher des recommandations de la <a href="https://www.conventioncitoyennepourleclimat.fr/">convention citoyenne pour le climat </a>&#8230;</p>



<p></p>



<p>«&nbsp;Si le commerce nous montre comment s’enrichir financièrement, l’écologie nous indique que cette richesse n’est qu’illusoire si elle n’est pas fondée sur les principes et les processus cycliques de la nature. Réconcilier les deux pôles de cette dichotomie sera la base essentielle pour accomplir une transformation de l’économie.</p>



<p>Pour aller plus loin, il faut un nouveau langage pour le commerce, une nouvelle façon de voir les choses (…). Le langage du commerce est utile pour en décrire les mécanismes mais il ne peut pas réaliser de jonction avec la biologie (…) pourtant il s’est imposé comme la&nbsp;<em>lingua franca</em>&nbsp;au niveau planétaire.&nbsp;(…)</p>



<p>Le langage commercial semble spécifique mais en fait il n’est pas assez explicite&nbsp;: le commerce n’a que deux mots pour qualifier le profit&nbsp;: brut et net. La manière extraordinairement complexe dont une société fait du bénéfice est résumée à un simple concept numérique clair et précis. On ne sait pas si des gens ou des terres ont été exploités, des ressources épuisées, si cela a apporté des bienfaits à des communautés (…). En d’autres mots le commerce ne fait pas la distinction entre un profit qualitatif et un profit quantitatif.</p>



<p>La pratique économique actuelle est guidée par la promesse que nous pouvons rester comme nous sommes, vivre comme nous avons toujours fait, penser à l’ancienne mode et mener un commerce libre de toute réelle connexion aux cycles, au climat, à la terre ou à la nature. L’économie réparatrice conteste tous ces faits&nbsp;(…)</p>



<p>Dans une économie industrielle, (…) le capital et la croissance étaient déterminés par la capacité à gagner de l’argent. Dans l’économie réparatrice, la viabilité est déterminée par la capacité à intégrer ou à reproduire les systèmes cycliques, dans les moyens de production comme de la distribution. Dans une telle économie, il y a la perspective que gagner de l’argent et restaurer l’environnement se fonderont dans un seul et même processus. (…)</p>



<p>Le coût de destruction de la terre est absent des prix pratiqués sur le marché. Une information essentielle et vitale manque donc à tous les niveaux de l’économie. (…)</p>



<p>Parce que l’économie réparatrice prend le contrepied d’un certain nombre de croyances enracinées sur la manière dont le commerce doit fonctionner, elle risque de&nbsp;précipiter des réformes curieuses dans l’économie. Il y aura des entreprises qui deviendront plus petites mais qui emploieront plus de gens, on pourra gagner de l’argent en vendant l’absence d’un produit ou d’un service, comme c’est le cas quand les services publics offrent de l’efficacité plutôt qu’une augmentation de puissance (…), les entreprises peuvent entrer en compétition pour conserver et accroitre les ressources naturelles plutôt que pour les épuiser.</p>



<p>On pose généralement la question «&nbsp;comment sauver l’environnement&nbsp;?&nbsp;». Aussi ridicule que cela puisse paraître de prime abord, la bonne question est peut-être «&nbsp;Comment allons-nous sauver le commerce&nbsp;?&nbsp;» (…) Les idées et la technologie nécessaires pour redéfinir notre économie et restaurer notre monde naturel sont déjà entre nos mains. Ce qu’il faut c’est une volonté collective.&#8221;</p>



<p>&#8212;&#8212;&#8212;</p>



<p><strong>Paul Gerard Hawken</strong>, né en Californie en 1946, est un entrepreneur, auteur environnementaliste américain, très impliqué dans l’éducation à l’environnement et considéré comme l&#8217;un des&nbsp;<strong>pionniers du concept de développement soutenable</strong>, domaine dans lequel il a notamment étudié les questions de transition énergétique et de transition vers un monde&nbsp;<em>«&nbsp;bas-carbone&nbsp;».</em></p>



<p>Retraité mais encore très actif, il vit actuellement dans la région de la Baie de San Francisco. Il est notamment l&#8217;un des&nbsp;<strong>inspirateurs du mouvement OuiShare en France</strong>&nbsp;et une partie de ses publications ont été publiés dans plus de 50 pays et en 30 langues.</p>



<p>Il est notamment connu pour son ouvrage&nbsp;<strong>Drawdown,</strong>&nbsp;comment inverser le cours du réchauffement planétaire (livre dans lequel il propose 1<strong>00 solutions, hiérarchisées, étudiées par des scientifiques pour leur efficacité&nbsp;</strong>; source Wikipédia).</p>



<p>Le projet regroupe 70 chercheurs.euses de 22 nationalités. Ceux-ci ont tout d&#8217;abord répertorié et étudié toutes les solutions existantes contre le réchauffement climatique et les ont classés en fonction de leur faisabilité, de leur coût et de leur impact global sur la réduction des émissions de CO2.</p>



<p>Ils ont ensuite élaboré un plan composé de quatre-vingts solutions pour inverser le cours du changement climatique. En décrivant leurs impacts positifs sur le monde ﬁnancier, les relations sociales et l’environnement, ils nous enjoignent à organiser notre action : commencer par ce qui aura le plus d’impact et construire une&nbsp;stratégie globale et systémique. Paul Hawken est actuellement directeur exécutif du « Drawdown Project ».</p>



<p></p>



<p>Marie-France Fourrier</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Exploration de modèles économiques alternatifs (1/3) : Kate Raworth et le doughnut</title>
		<link>https://lejardindesdeesses.fr/2020/05/28/goutte-dinspiration-25/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie-France]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 May 2020 21:03:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Gouttes d'inspiration]]></category>
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					<description><![CDATA[Un doughnut&#160;: cette pâtisserie industrielle, excessivement grasse et sucrée, est une image plutôt surprenante pour un modèle économique alternatif et écologique. Et pourtant pertinente. L’économiste britannique Kate Raworth a proposé sa théorie du «&#160;donut&#160;» (ou doughnut) en 2017 comme alternative à la pensée économique dominante. Elle y dessine les conditions d’une économie durable&#160;: un modèle&#8230;
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										<content:encoded><![CDATA[
<h4 class="wp-block-heading"></h4>



<p></p>



<p>Un doughnut&nbsp;: cette pâtisserie industrielle, excessivement grasse et sucrée, est une image plutôt surprenante pour un modèle économique alternatif et écologique. Et pourtant pertinente.</p>



<p>L’économiste britannique Kate Raworth a proposé sa théorie du «&nbsp;donut&nbsp;» (ou doughnut) en 2017 comme alternative à la pensée économique dominante. Elle y dessine les conditions d’une économie durable&nbsp;: un modèle circulaire, régénératif et inclusif.</p>



<p>Dans ce modèle, la priorité n’est pas la croissance comme fin en soi, mais de garantir un accès de chacun à ses besoins fondamentaux qui ne mette pas en danger l’écosystème, et donc la soutenabilité de ce mode de vie pour les générations futures.</p>



<p>Le travail de Kate Raworth part de ce constat&nbsp;: la notion de croissance du PIB à l’infini, dont les dysfonctionnements sont visibles dans les crises financières, les inégalités extrêmes et la destruction de l’environnement (et sa vulnérabilité aux épidémies), est dépassée.</p>



<p>Alors par quoi la remplacer&nbsp;? Vers quel horizon voulons-nous nous diriger&nbsp;?</p>



<p>Le «&nbsp;donut&nbsp;» représente une économie de l’équilibre et de la mesure, entre frontières planétaires et frontières sociales.</p>



<p>L’anneau intérieur représente le plancher social&nbsp;: une société qui se situe en deçà (dans le «&nbsp;trou&nbsp;» du donut) ne remplit pas les besoins fondamentaux et les droits humains. Ces 12 fondements sociaux &nbsp;&#8211; alimentation, santé, éducation, salaire et travail, paix et justice, expression politique, égalité sociale, égalité des genres, logement, capital social, énergie et eau &#8211; sont inspirés des objectifs du développement durable de l’ONU.</p>



<p>Une société dépassant le plafond écologique (l’anneau extérieur), en revanche, sur-sollicite la planète et s’épuise elle-même&nbsp;: elle doit faire face à 9 dérèglements écologiques critiques, à savoir le changement climatique, l’acidification des océans, la pollution chimique, charge d’azote et de phosphore (due à une utilisation excessive des engrais et détruisant la vie aquatique), le manque d’eau douce, la conversion des terres (qui détruit les habitats et les puits de carbone), la disparition de la biodiversité, la pollution de l’air et enfin l’appauvrissement de la couche d’ozone.</p>



<p>C’est entre ces deux cercles concentriques, dans la pâte du donut, que se situe l’espace «&nbsp;juste et sûr pour l’humanité&nbsp;».</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="800" height="786" src="https://lejardindesdeesses.fr/wp-content/uploads/2020/04/Kate-Raworth-Le-donut-1.jpg" alt="" class="wp-image-1238" srcset="https://lejardindesdeesses.fr/wp-content/uploads/2020/04/Kate-Raworth-Le-donut-1.jpg 800w, https://lejardindesdeesses.fr/wp-content/uploads/2020/04/Kate-Raworth-Le-donut-1-300x295.jpg 300w, https://lejardindesdeesses.fr/wp-content/uploads/2020/04/Kate-Raworth-Le-donut-1-768x755.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption><em>Source: “Kate Raworth: Exploring Doughnut Economics”, <a href="https://www.kateraworth.com/doughnut/">https://www.kateraworth.com/doughnut/</a></em></figcaption></figure></div>



<p>Une fois ces objectifs fixés, comment les atteindre&nbsp;? Par quoi remplacer les dogmes économiques sclérosés&nbsp;?</p>



<p>Le changement passe avant tout par une nouvelle vision.</p>



<p>Cesser de croire que la finance est infaillible, le marché le seul mode de régulation et de distribution possible&nbsp;; que la société et l’humain ne sont que des tracas. Que la vie est au service de l’économie, plutôt que l’inverse.</p>



<p>Retrouver notre optimisme par rapport à la nature humaine. Croire au progrès – non pas économique, mais au cœur de nos sociétés et de nous-même. S’inspirer de la nature qui prospère depuis près de 4 milliards d’années.</p>



<p>Pour ré-encastrer l’économie dans la société, Kate Raworth nous propose un chemin passant par 7 principes&nbsp;:</p>



<ol type="1"><li>cesser de viser une hausse constante du PIB pour atteindre un but plus vaste&nbsp;;</li><li>intégrer l’économie dans une vision d’ensemble de la société et de la nature&nbsp;;</li><li>cultiver un être humain plus riche que son portrait censément égoïste, isolé et calculateur&nbsp;;</li><li>concevoir l’économie à partir de la théorie des systèmes (boucles de rétroaction) au lieu du simple croisement des courbes de l’offre et de la demande&nbsp;;</li><li>refuser la fatalité des inégalités et explorer la redistribution de la richesse&nbsp;;</li><li>établir une économie circulaire vouée à la régénération des ressources&nbsp;;</li><li>choisir une économie qui nous permette de nous épanouir.</li></ol>



<p>Alors que l’économie – et bien d’autres aspects de nos vies – est à l’arrêt et qu’une crise sociale majeure se prépare, le moment est crucial.</p>



<p>La crise révèle aussi que l’action individuelle, si elle est indispensable, n’est pas suffisante. Le FMI prévoit une réduction des émissions de CO2 de 5,7% pour l’année 2020&nbsp;: bien en-dessous des 7,6% nécessaires pour maintenir l’élévation de température en dessous de 1,5°C, alors même que des millions de personnes ont cessé de prendre leur voiture ou l’avion.</p>



<p>N’est-ce pas le moment de s’interroger sur le collectif que nous voulons coconstruire&nbsp;? De rêver un peu, alors que nous retrouvons, pour un moment, le ciel bleu dans nos villes&nbsp;?</p>



<p>La théorie du donut n’a rien d’utopique&nbsp;: le livre de Kate Raworth s’adresse clairement aux dirigeants et chercheurs du futur et surtout, la ville d’Amsterdam a officiellement adopté cette théorie comme la base de sa stratégie de relance post-confinement. Le conseil municipal a dressé l’inventaire des domaines sous-approvisionnés du donut et décidé de mesures qui devraient permettre d’atteindre une économie totalement circulaire d’ici 2015.</p>



<p>Il ne s’agit donc pas d’une nouvelle orthodoxie, ni de directives abstraitement universelles&nbsp;: au contraire, l’enjeu est d’adapter un modèle théorique aux particularités locales. Comment garantir l’accès à l’eau en ville par rapport à la campagne&nbsp;? En France par rapport aux Pays-Bas&nbsp;?</p>



<p>Cette réflexion est nécessairement collective. Un modèle qui prend en compte l’humain et <em>les</em> humains ne peut être imposé d’en haut – au contraire, il nécessité la participation de tous les acteurs&nbsp;: privés comme publics, particuliers et entreprises, hommes et femmes, etc.</p>



<p></p>



<p>Et vous, quel modèle alternatif imaginez-vous&nbsp;?</p>



<p>Marie-France Fourrier et Elena Richard</p>



<p></p>



<p>Kate Raworth, <em>La théorie du donut&nbsp;: l&#8217;économie de demain en 7 principes </em>(<em>Doughnut Economics: 7 Ways to Think Like a 21st Century Economist</em>).&nbsp;Plon, 2018.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Exploration de modèles économiques alternatifs (2/3) : Elinor Ostrom et les biens communs</title>
		<link>https://lejardindesdeesses.fr/2020/05/19/goutte-dinspiration-26/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie-France]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 May 2020 00:26:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Gouttes d'inspiration]]></category>
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					<description><![CDATA[Les biens communs sont-ils une «&#160;tragédie&#160;»&#160;? L’expression a été popularisée dans les années 1970, suivant une conception plutôt pessimiste de l’humain – égoïste et aveuglé par son intérêt. En effet, les biens communs sont des ressources (matérielles ou non) rivales et non-exclusives, c’est-à-dire que leur utilisation par une personne diminue la quantité (ou qualité) disponible&#8230;
 <p> <a class="more-link" href="https://lejardindesdeesses.fr/2020/05/19/goutte-dinspiration-26/">Lire la suite</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<p>Les biens communs sont-ils une «&nbsp;tragédie&nbsp;»&nbsp;? L’expression a été popularisée dans les années 1970, suivant une conception plutôt pessimiste de l’humain – égoïste et aveuglé par son intérêt.</p>



<p>En effet, les biens communs sont des ressources (matérielles ou non) rivales et non-exclusives, c’est-à-dire que leur utilisation par une personne diminue la quantité (ou qualité) disponible pour les autres, mais qu’une personne peut difficilement en empêcher l’accès aux autres. Il peut s’agir d’une copropriété, d’un système d’irrigation collectif…mais aussi des océans, des forêts ou du climat.</p>



<p>Pour autant, les communs sont-ils condamnés à la surexploitation par des individus incapables de prendre en compte l’intérêt collectif et de collaborer&nbsp;?</p>



<p>Non, répond Elinor Ostrom, prix Nobel d’économie en 2009. Dans <em>Gouverner les communs</em>, publié en 1990, elle propose une gestion des ressources partagées par les acteurs directement concernés, de manière collective et responsable.</p>



<p>Cette approche ne considère pas les biens en eux-mêmes, de manière abstraite ou purement utilitaire, mais prend en compte les interactions sociales qui permettentle partage dans la durée.</p>



<p>En s’appuyant sur la variété et l’inventivité des communautés qu’elle étudie, la chercheuse démontre que <em>«&nbsp;chaque commun est un cas particulier&nbsp;».</em> Cependant, elle en a aussi tiré 8 principes de gouvernance locale et collective nécessaires à une gestion efficace&nbsp;:</p>



<p>—&nbsp;des groupes aux frontières définies&nbsp;;<br>—&nbsp;des règles régissant l’usage des biens collectifs qui répondent aux spécificités et besoins locaux&nbsp;;<br>—&nbsp;la capacité des individus concernés à les modifier&nbsp;;<br>—&nbsp;le respect de ces règles par les autorités extérieures (c’est-à-dire par les autres institutions, comme l’Etat, les collectivités locales, etc.);<br>—&nbsp;le contrôle du respect des règles par la communauté qui dispose d’un système de sanctions graduées&nbsp;;<br>—&nbsp;l’accès à des mécanismes de résolution des conflits peu coûteux&nbsp;;<br>—&nbsp;la résolution des conflits et activités de gouvernance organisées en strates différentes et imbriquées.</p>



<p>Ainsi, Ostrom plaide pour la création de communautés – et non de simples cohabitations forcées – fondées sur le consensus découlant d’intérêts communs.</p>



<p>Que signifient ces principes pour nous, dans la vie de tous les jours et en dehors des contextes agricoles souvent pris en exemple&nbsp;? Comment pouvons-nous nous donner les moyens et le temps de travailler ensemble à la protection des communs&nbsp;?</p>



<p>Les principes des biens communs peuvent aussi s’appliquer à l’entreprise, comme projet partagé et communauté d’individus engagés. Définition collective des règles, autres organisations du travail possible, relations entre salariés mutuellement enrichissantes, culture d’entreprise intégratrice et féconde…</p>



<p></p>



<p>Et vous, quels projets collectifs imaginez-vous&nbsp;?</p>



<p>Marie-France Fourrier et Elena Richard</p>



<p></p>



<p>(1) Elinor Ostrom, «&nbsp;La politique verte doit être impulsée de la base&nbsp;», <em>Les Echos</em>, 2012.</p>



<p>Elinor Ostrom,&nbsp;<em>Governing the Commons&nbsp;: The Evolution of Institutions for Collective Action (Political Economy of Institutions and Decisions),</em>&nbsp;Cambridge University Press, 1990.</p>



<p>International Association for the Study of the Commons (IASC): l’association co-fondée par Elinor Ostrom fournit de la documentation et organise de nombreuses conférences et workshops pour améliorer la gestion des biens communs. <a href="https://iasc-commons.org/">Voir son site ici.</a></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La nature au rythme du temps</title>
		<link>https://lejardindesdeesses.fr/2020/04/19/goutte-dinspiration-24/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie-France]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Apr 2020 17:39:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Gouttes d'inspiration]]></category>
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					<description><![CDATA[Les gouttes d’inspiration : Au fil des saisons, au fil des balades, cette « brève » est l’occasion de partager avec vous une réflexion inspirée par la nature et l’énergie du vivant. Dans la nature, chaque espèce a son propre rythme, des papillons d’un jour aux arbres centenaires. Habituellement, les hommes vivent selon un tempo&#8230;
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<h4 class="wp-block-heading"></h4>



<p><em>Les gouttes d’inspiration : Au fil des saisons, au fil des balades, cette « brève » est l’occasion de partager avec vous une réflexion inspirée par la nature et l’énergie du vivant.</em></p>



<p>Dans la nature, chaque espèce a son propre rythme, des papillons d’un jour aux arbres centenaires. Habituellement, les hommes vivent selon un tempo plus homogène, marqué par les besoins physiques comme le sommeil, et les conventions sociales – heures de bureau, heures de repas…</p>



<p>En période de confinement, en revanche, des relations très différentes au temps se mettent en place. Pour certains, le télétravail ne change guère le quotidien, si ce n’est une charge de travail supplémentaire&nbsp;(horaire plus longs, frontières brouillées, cohabitation à gérer, etc.). Pour d’autres, qui sont en baisse d&#8217;activité, un nouveau rapport au temps est à réinventer.</p>



<p>Au Jardin, la plupart des espèces vivent aussi en accord avec les saisons&nbsp;: en période de grand froid, l’activité ralentit fortement. Une partie du Jardin s’adapte et j&#8217;observe les différentes stratégies qui émergent.</p>



<p>L’araignée belle Epeire opte pour une hyper structuration du temps : elle dessine très méthodiquement les contours de sa toile géométrique et la remplit case par case.</p>



<p>Le chat est un guetteur détendu, le roi de la détente dynamique. Il repère le meilleur endroit pour déguster le soleil et guette, l&#8217;air de rien, voyant tout, à la fois détendu et relâché. Il saura sauter sur l&#8217;opportunité à la seconde où elle se présentera.</p>



<p>Agilité ou structure.</p>



<p>Certains d’entre nous ont besoin d’une organisation stricte, par exemple sous forme d’emploi du temps, de hiérarchie des tâches et de délais. D’autres préfèrent suivre le flow et s’adapter au moment le plus propice.</p>



<p>Chez les guêpes, la jeune reine gère à la fois la conception des cellules, la ponte, l&#8217;approvisionnement en pollen des jeunes larves et futures ouvrières, et la défense de son espace contre les autres prédateurs (dont les autres jeunes reines en quête d&#8217;espace optimal). Si elle réussit, elle pourra se reposer sur les futures guerrières et les futures butineuses.</p>



<p>Les abeilles Osmies (une espèce d’abeilles solitaires) sont des passeuses de vie, qui œuvrent à perpétuer leur espèce du matin au soir. Elles sont fécondées dès leur sortie par les mâles qui les attendent en masse, nettoient l&#8217;espace dont elles viennent d&#8217;émerger (une tige creuse, un trou dans un mur), puis butinent du matin au soir pour rapporter du pollen, le déposer au fond du tube, et pondre des œufs. Leur durée de vie est courte et elles ne verront pas leur progéniture qui émergeront au printemps suivant.</p>



<p>Comme les insectes, nous avons besoin de trouver ce qui nous motive – ce livre que nous voulions lire depuis si longtemps sans jamais trouver l’occasion, plutôt que celui qu’on s’impose sans plaisir pour se cultiver, ou parce que nos proches l’ont aimé. A quoi et pour quoi voulons-nous dédier notre temps&nbsp;? Que voulons-nous créer&nbsp;?</p>



<p>Les mésanges longue queue sont des sociales. Elles se regroupent et se protègent quand elles trouvent des endroits propices.</p>



<p>Le merle noir communique, lui aussi. Mais c’est un territorial extraverti : il vocalise à partir d&#8217;un perchoir lui permettant de dominer son environnement proche, visuellement et auditivement, et de marquer son territoire.</p>



<p>Nos relations sociales sont compliquées par le confinement&nbsp;: trop, ou trop peu. A nous de réinventer de nouvelles manières de communiquer, et d’apprendre aussi à garder ses distances, pour ceux qui sont confinés avec des membres du foyer&nbsp;: à déterminer quels temps et quels espaces sont réservés aux activités personnelles et lesquels sont dédiés à la socialisation.</p>



<p>Les Pyrrhocoris apterus (les petits &#8220;gendarmes&#8221; si appréciés des enfants) pourraient, à coup sûr, apprécier le confinement&nbsp;: ils ont l’attente sereine. Ils étaient sortis, ils retournent sous les feuilles se tenir au chaud.</p>



<p>Le papillon citron, un de ceux qui survivent l’hiver, est plus vif et vit par alternances énergétiques. On le voit butiner à grandes envolées pour se réapprovisionner à chaque rayon de soleil, puis se réenrouler telle une feuille morte dès que le froid revient, en quasi stase, avec son corps composé de substances semblables à de l&#8217;antigel.</p>



<p>Prévoir ses pauses, donc. Des moments de détente ou tout simplement consacrés à soi-même. Varier les activités (sans pour autant se disperser) pour rompre la monotonie de la vie entre quatre murs tout en gardant ses repères &#8211; ou en en trouvant de nouveaux.</p>



<p>Finalement, ce sont les fourmis qui sont les plus adaptables. Elles fonctionnent en «&nbsp;test and learn&nbsp;» en envoyant les exploratrices les plus solides chercher les meilleures sources d&#8217;approvisionnement. Elles apprennent à se connaître (collectivement) et à découvrir leur environnement.</p>



<p>Plutôt que d’écouter les injonctions de notre entourage ou des médias sur la «&nbsp;bonne&nbsp;» manière de vivre le confinement, apprendre à se connaître plus profondément. (Re)découvrir ce qui nous fait plaisir et ce qui nous motive. Explorer notre manière de structurer notre quotidien pour que notre énergie et notre envie soit optimale.</p>



<p></p>



<p>Et vous, quelles sont vos stratégies privilégiées d&#8217;utilisation de votre temps&nbsp;?</p>



<p>Marie-France Fourrier</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Crises, solutions et évolution</title>
		<link>https://lejardindesdeesses.fr/2020/04/18/goutte-dinspiration-23/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie-France]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Apr 2020 21:46:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Gouttes d'inspiration]]></category>
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					<description><![CDATA[Face aux crises brutales, la nature ne perd pas d’énergie à critiquer&#160;: elle cherche des solutions. Elle continue de faire ce qui marche bien, elle arrête de faire ce qui ne marche plus … et elle explore sans relâche de nouvelles combinaisons pour trouver des voies d’évolution. Par exemple, en période de canicule toute l’énergie&#8230;
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										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<p>Face aux crises brutales, la nature ne perd pas d’énergie à critiquer&nbsp;: elle cherche des solutions.</p>



<p>Elle continue de faire ce qui marche bien, elle arrête de faire ce qui ne marche plus … et elle explore sans relâche de nouvelles combinaisons pour trouver des voies d’évolution.</p>



<p>Par exemple, en période de canicule toute l’énergie des plantes et des insectes est mobilisée pour la survie de l’espèce&nbsp;: chaque membre se positionne très simplement et efficacement là où il est le plus utile. Certaines fonctions sont mises en stase, d’autres partent en exploration pour trouver de nouvelles sources d’eau, d’autres encore sont en veille constante pour capter le peu d’humidité présente dans l’environnement immédiat.</p>



<p>Simplicité efficace, agilité, et constance.</p>



<p>Une des spécificités de la crise actuelle, est que beaucoup d’énergie physique, intellectuelle et émotionnelle se trouve bloquée. Et que notre compétence collective en est amoindrie.</p>



<p>Comment la préserver&nbsp;?</p>



<p>Simplicité efficace</p>



<ul><li>Pour ceux qui prennent le lead (les décisions)&nbsp;: consulter avant de décider. Oser&nbsp;partager en transparence les informations et hypothèses sur lesquelles ils se basent pour prendre leurs décisions</li></ul>



<ul><li>Pour les autres ne pas céder à la tentation du «&nbsp;mais c’était évident, il aurait fallu …» car l’information est toujours plus riche après la prise de décision qu’avant. Et la charge mentale de la prise de décision «&nbsp;à postériori&nbsp;» n’a rien à voir avec celle de la décision prise dans l’œil du cyclone</li></ul>



<p>Agilité</p>



<ul><li>Pour ceux qui prennent le lead&nbsp;: identifier et partager les signaux faibles à surveiller, c’est-à-dire ceux qui imposeraient de revisiter les décisions ou infléchir les trajectoires</li></ul>



<ul><li>Pour les autres&nbsp;: être en veille utile sur ce qui marche et sur les signaux faibles pour éclairer les décideurs. Chercher sans relâche de nouvelles idées et solutions pour avancer dans le contexte</li></ul>



<p>Constance</p>



<ul><li>Pour ceux qui prennent le lead&nbsp;: avoir le courage de prendre les décisions difficiles et de les tenir. Connaitre et affronter ses propres peurs. S’assurer qu’on a fait le meilleur choix possible compte tenu du contexte et des informations disponibles et qu’on peut l’expliquer. Assumer d’être critiqué.</li></ul>



<ul><li>Pour les autres&nbsp;: avancer quand même jour après jour, accepter de n’avoir qu’une partie des repères habituels et pas la vision globale, faire confiance et contribuer à l’état d’esprit collectif en gardant une attitude positive</li></ul>



<p>Nombreux sont ceux qui le font déjà au quotidien et particulièrement ceux qui gèrent les crises, les catastrophes, les urgences, les feux …</p>



<p>Face aux enjeux que nous avons à relever ensemble, nous avons tout à gagner à développer ces compétences à une échelle plus large.</p>



<p></p>



<p>Marie-France Fourrier</p>



<p>Master Coach ICF</p>



<p>Permacultrice attentionnée du vivant</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>Covid-19 et canicule (3/3): Préparer l&#8217;après, entre résilience et évolution</title>
		<link>https://lejardindesdeesses.fr/2020/04/13/goutte-dinspiration-22/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie-France]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Apr 2020 12:50:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Gouttes d'inspiration]]></category>
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					<description><![CDATA[Plus qu’une crise, le coronavirus nous fait vivres des crises, multiples&#160;: sanitaire, bien sûr, mais aussi crise de l’offre, lorsque les productions sont interrompues, ou de la demande, lorsque les populations se cloîtrent chez elles. Crise de notre mode de vie, de notre travail. Comme la canicule, dont nous parlions déjà dans les deux gouttes&#8230;
 <p> <a class="more-link" href="https://lejardindesdeesses.fr/2020/04/13/goutte-dinspiration-22/">Lire la suite</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h4 class="wp-block-heading"></h4>



<p></p>



<p>Plus <em>qu’une</em> crise, le coronavirus nous fait vivres <em>des</em> crises, multiples&nbsp;: sanitaire, bien sûr, mais aussi crise de l’offre, lorsque les productions sont interrompues, ou de la demande, lorsque les populations se cloîtrent chez elles. Crise de notre mode de vie, de notre travail. Comme la canicule, dont nous parlions déjà dans les deux gouttes d’inspiration précédentes (<a href="https://lejardindesdeesses.fr/2020/03/29/goutte-dinspiration-20/">ici</a> et <a href="https://lejardindesdeesses.fr/2020/04/06/goutte-dinspiration-21/">ici</a>), le Covid-19 est aussi une crise de notre manière d’habiter le monde.</p>



<p>Nous vivons une réduction brutale des flux physiques (déplacement des personnes et des biens), et, de manière concomitante, une augmentation exponentielle des flux d’informations (news en ligne ou à la télévision, communautés virtuelles, discussions en ligne…). Où cela nous mène-il&nbsp;?</p>



<p>Notre système, qui nous paraît si naturel, dans l’ordre des choses, et surtout, inarrêtable, s’est brusquement mis en pause, nous incitant à imaginer quel monde nous voulons pour la suite.</p>



<p>La question de «&nbsp;l’après&nbsp;» soulève (au moins) deux autres interrogations&nbsp;: Quelle résilience&nbsp;? Et quelle évolution&nbsp;?</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Résilience</strong></h5>



<p>D’après le chercheur canadien C.S. Holling (1), la résilience écologique est «&nbsp;la capacité d&#8217;un système vivant à retrouver les structures et les fonctions de son état de référence après une perturbation ».</p>



<p>Notre société est-elle résiliente&nbsp;? Que pouvons-nous apprendre des écosystèmes naturels&nbsp;sur ce sujet ?</p>



<p>Dans le cadre de la canicule de l’été 2019, et à la modeste échelle du Jardin des Déesses, j’ai observé avec intérêt que, à conditions équivalentes de paillage et d’exposition, les mini <a href="https://lejardindesdeesses.fr/2020/01/29/goutte-dinspiration-13/">corridors de biodiversité</a> (les îlots de vie reliés par des passages qui permettent aux habitants de circuler) ont récupéré beaucoup plus vite que les zones de moindre biodiversité.</p>



<p>La résilience d’un écosystème est favorisée par la complémentarité des organismes présents et par la redondance des fonctions qu’ils y assurent, comme l’a effectivement établi le chercheur Thomas Cordonnier (1). D’où l’importance d’assurer des connexions entre les zones vertes pour permettre aux espèces de se déplacer et de préserver la biodiversité, comme le fait par exemple le projet <a href="http://www.trameverteetbleue.fr/">Trame verte et bleu</a>.</p>



<p>Si nous transposons ces deux caractéristiques à l’échelle de la société</p>



<ul><li>la question de la redondance sur les fonctions vitales a déjà été largement débattue et sera un enjeu majeur de la reconfiguration à venir</li><li>concernant la question de la «&nbsp;biodiversité&nbsp;», le débat ne fait que commencer&nbsp;: &nbsp;le Covid nous interpelle sérieusement sur la notion d’interdépendance (et pas seulement sur les circuits économiques). Quels «&nbsp;corridors de&nbsp;biodiversité&nbsp;» humains souhaitons nous mettre en place&nbsp;?</li></ul>



<p>Et chacun d’entre nous peut se demander ce qu’il en est au sein de chacun de ses écosystèmes respectifs (entreprises, communautés, voisinages, famille)&nbsp;</p>



<p>La résilience opère dans un environnement sous contraintes&nbsp;: au-delà de certains seuils, le système n’a plus la capacité de se régénérer. Certaines contraintes sont bien connues, par exemple la limitation du réchauffement climatique à 2°C par rapport à l’époque préindustrielle. D’autres sont plus difficiles à discerner&nbsp;: par exemple, la surface que nous pouvons nous permettre de bétonner dans tel système écologique avant que celui-ci ne change profondément de structure et de fonctionnement.</p>



<p>Que se passe-t-il si la résilience naturelle du système n’est pas assez forte&nbsp;ou que l’effet de seuil est activé&nbsp;? Lorsque le système actuel révèle sa fragilité&nbsp;?</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Evolution</strong></h5>



<p>Nous entendons souvent «&nbsp;rien ne sera plus comme avant&nbsp;».</p>



<p>Certes. Mais quel «&nbsp;demain&nbsp;» voulons nous co-construire&nbsp;? Alors que tout est mis en pause, nous avons enfin l’occasion de prendre du recul. Que voulons-nous remettre en cause, arrêter définitivement ou au contraire accélérer, infléchir, repenser&nbsp;?</p>



<p>Le Covid-19 nous a imposé une certaine forme de sobriété et convoqué à reconsidérer ce qui est essentiel.</p>



<p>Il nous a confrontés à la notion de dilemme social (quand l’intérêt personnel incite à des comportements à l’impact négatif sur la collectivité) mais aussi à celle de solidarité.</p>



<p>Enfin, il nous a révélé des trésors d’engagement et d’altruisme de la part de tous ceux qui nous soignent ou font fonctionner notre société, ainsi qu’une explosion de créativité sur les réseaux sociaux.</p>



<p>Alors, qu’allons-nous faire de tout cela&nbsp;?</p>



<p>Et si …</p>



<p>Et si … les théories des utilitaristes et des choix rationnels, qui considèrent que les individus cherchent forcément à maximiser leurs biens matériels, n’étaient que partiellement vraies&nbsp;?</p>



<p>Et si … cette période nous permettait de renforcer notre «&nbsp;capital social&nbsp;», de renforcer la confiance et la réciprocité, d’honorer et de soutenir aujourd’hui et demain ceux qui sont dans la canicule du Covid et qui protègent l’ensemble de notre corps social&nbsp;?</p>



<p>Et si … nous continuions tous, dans la mesure de nos disponibilités respectives, à mettre en réseau nos intelligences et nos bonnes volontés pour nous investir ensemble dans la mise en place de projets ou communautés à impact positif&nbsp;sur le plan social, écologique, éducatif&nbsp;? Et à accélérer la mise en place de nouvelles habitudes en faveur du vivant, pour prendre soin du monde que nous allons transmettre à nos enfants&nbsp;?</p>



<p>Et si … nous capitalisions sur ce dont nous sommes si fiers et qui nous différencie, selon nous, des fourmis, des abeilles et autres animaux sociaux&nbsp;: notre intelligence, notre créativité, notre capacité à imaginer et créer ensemble … pour tirer le meilleur parti de ce que nous expérimentons aujourd’hui&nbsp;et nous mobiliser concrètement, localement, efficacement pour mettre en place une gestion plus vertueuse des «&nbsp;biens communs&nbsp;» (2)?</p>



<p>De nombreux modèles existent dans lesquels nous pouvons piocher pour créer un monde qui nous permette de vivre davantage en harmonie avec nos écosystèmes, de redévelopper les capacités productives de nos territoires, et de produire de manière raisonnable et sans épuiser les ressources :</p>



<ul><li>La permaculture</li><li>L’agroécologie</li><li>L’économie circulaire</li><li>L’éco-conception</li><li>L’économie sociale et solidaire</li><li>L’open source</li><li>L’économie symbiotique (d’après le modèle et titre du livre clair, inspirant et passionnant d’Isabelle Delannoy)</li><li>La gouvernance des communs</li><li>… et bien d’autres à partager et découvrir ensemble</li></ul>



<p>De nombreuses initiatives, associations, communautés existent.</p>



<p>Dans cette pause imprévue, nous apprenons que de façon stupéfiante, nous avons la capacité de changer radicalement de modèle lorsque les conditions l’exigent.</p>



<p>Alors que notre élan nous pousse à rester en lien, nous prenons aussi conscience de notre interdépendance&nbsp;: entre pays, entre parts de la population (notamment professionnelles), et tout simplement entre individus. Nous voyons aussi les intérêts vitaux des humains et ceux de la nature se rejoindre.</p>



<p>Nous avons tous commencé à modifier un peu nos habitudes. Nous sommes déjà sur la voie.</p>



<p>Nous pouvons amplifier le mouvement, en choisissant de mettre en place des habitudes vertueuses, des projets collectifs qui feront la différence, puis nous y tenir dans la durée.</p>



<p>… Et tous ensemble infléchir la tendance pour évoluer vers un monde plus résilient.</p>



<p>En complément des plates formes de consultation qui fleurissent, un ou deux exemples d’initiatives&nbsp;opérationnelles dès aujourd’hui :</p>



<ul><li>Les AMAP (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne)&nbsp;: le consommateur s’engage pour une période donnée à acheter des paniers de produits frais à un producteur local. La plupart des AMAP poursuivent leur activité pour soutenir les petits producteurs pendant le coronavirus. <a href="https://www.economie.gouv.fr/ess/amap-cest-quoi#">Plus d’informations ici</a> ; trouver une AMAP près de chez vous <a href="http://www.reseau-amap.org/">ici</a></li><li>Un guide pour contribuer à des projets open source <a href="https://opensource.guide/fr/how-to-contribute/">ici</a> </li></ul>



<p></p>



<p>Et vous quelles initiatives voyez-vous, avez-vous envie de faire connaitre&nbsp;?</p>



<p>Au plaisir de vous lire</p>



<p></p>



<p>Marie-France Fourrier</p>



<p>Master Coach ICF, Superviseure</p>



<p>Permacultrice attentionnée du vivant</p>



<p></p>



<p>(1) Sur la résilience des systèmes écologiques&nbsp;: voir C. S. Holling, «&nbsp;Resilience and Stability of Ecological Systems&nbsp;», <em>Annual Review of Ecology and Systematics</em>. Vol 4 :1-23, 1973&nbsp;; et Thomas Cordonnier, «&nbsp;Perturbations, diversité et permanence des structures dans les écosystèmes forestiers.&nbsp;», <em>Life Sciences</em>,‎ 11 janvier 2005.</p>



<p>(2) Sur les biens communs&nbsp;: voir les travaux d’Elinor Oström, Prix Nobel d&#8217;économie en 2009. Dans son livre, <em>Governing the Commons</em> (<em>La gouvernance des biens communs)</em>, elle s’intéresse à l’élaboration de méthodes pour gérer au mieux des ressources, reçues en partage et, par nature, rares et altérables (énergie, air, eau, climat).</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Covid-19 et canicule (2/3)</title>
		<link>https://lejardindesdeesses.fr/2020/04/06/goutte-dinspiration-21/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie-France]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Apr 2020 23:00:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Gouttes d'inspiration]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://lejardindesdeesses.fr/?p=1110</guid>

					<description><![CDATA[Dans notre dernière goutte (à relire ici), nous avions évoqué la canicule de 2019 et ce qu’elle nous apprend pour l’épidémie de coronavirus. Comment&#160;nous réinventer notre quotidien en confinement ? Comment vivre en harmonie avec les autres&#160;? Le confinement est avant tout une période de contrainte. Contrôle de l’Etat et privation de liberté. Contrôle social,&#8230;
 <p> <a class="more-link" href="https://lejardindesdeesses.fr/2020/04/06/goutte-dinspiration-21/">Lire la suite</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h4 class="wp-block-heading"></h4>



<p>  </p>



<p>Dans notre dernière goutte (à <a href="https://lejardindesdeesses.fr/2020/03/29/goutte-dinspiration-20/">relire ici</a>), nous avions évoqué la canicule de 2019 et ce qu’elle nous apprend pour l’épidémie de coronavirus. Comment&nbsp;nous réinventer notre quotidien en confinement ? Comment vivre en harmonie avec les autres&nbsp;?</p>



<p>Le confinement est avant tout une période de contrainte. </p>



<p>Contrôle de l’Etat et privation de liberté. Contrôle social,
familial ou professionnel. Contraintes de temps, d’environnement – et même de
pensée, lorsque l’épidémie envahit l’actualité, nos discussions et nos écrans.</p>



<p>Alors comment ne pas le vivre comme un emprisonnement&nbsp;?
Au contraire, libérer notre imagination&nbsp;?</p>



<p>Si les êtres vivants font preuve d’agilité lors de la
canicule, leur adaptation reste dictée par la nécessité de survie. L’évolution
est aveugle. Notre pensée créative, au contraire, nous permet de nous évader de
nos liens. Les conditions inhabituelles nous permettent de sortir de l’attendu
et de l’ordinaire. </p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Réorienter nos talents&nbsp;</strong></h5>



<p>Dans les journaux et sur nos écrans, les articles, podcasts,
émissions qui nous incitent à faire de notre confinement quelque chose
«&nbsp;d’utile&nbsp;» se bousculent. Mais lorsque nos activités habituelles
sont suspendues, c’est avant tout le vide qui prend leur place.</p>



<p>Faire le deuil de nos habitudes et de la sécurité que
celles-ci nous apportent. Inventer une nouvelle manière de baliser nos
journées.</p>



<p>Sortir du déni, tout d’abord, qui nous paralyse, nous
empêche d’activer notre imagination. De l’incrédulité où l’on ne fait rien, non
pas par envie de prendre du temps pour soi, mais par sidération. Ni projets, ni
contact social, parce qu’à quoi bon, nous sommes en confinement&nbsp;?</p>



<p>De la colère, ensuite. Il faut trouver un coupable&nbsp;: la
Chine – non, nos dirigeants, à moins que ce ne soient nos concitoyens&nbsp;? Déception,
aussi. Que faire du progrès, du développement, de la science, si une force même
pas visible à l’œil nu est capable de mettre notre pays à l’arrêt&nbsp;? Nous
nous trouvons dans un étau invisible où notre normalité nous est arrachée. Proposer
des solutions ne nous intéresse pas. Nous savons que nous ne pouvons
qu’attendre passivement. Alors autant se replier sur soi.</p>



<p>Et c’est là qu’intervient la tristesse. L’interruption de
notre quotidien et l’isolement nous plongent dans le repli et l’apathie.
Personne n’aime être seul. Exclu. A distance, socialement. Ce mètre de
séparation avec les autres nous fait souffrir, même si rationnellement nous
savons qu’il est provisoire. Résignation.</p>



<p>Dans cet espace vide inattendu, nous sommes avant tout en
perte de repères. Alors à nous d’en créer de nouveaux.</p>



<p>Maintenir le lien social, sous de nouvelles formes. Saluer son
voisin, à distance. Faire les courses pour cette personne âgée.</p>



<p>Nous avons une responsabilité à garder du lien, y compris
avec les plus fragiles. A ne laisser ni l’épidémie, ni les mesures prises pour
l’enrayer nous imposer leur rythme et leurs contraintes.</p>



<p>Accueillir l’éphémère, les joies fugaces et les moments
fugitifs. S’ouvrir à l’incertitude.</p>



<p>Plonger dans notre imagination et nos talents pour
reconfigurer notre vie et le réseau qui nous relie à nos proches et à la
société. </p>



<p>Nous avons la possibilité de sortir du cadre pour trouver de
nouvelles destinations et de nouveaux buts vers lesquels diriger nos talents.</p>



<p>Utiliser nos énergies pour penser le futur et aider les plus
fragiles à passer le cap.</p>



<p>L’imaginaire peut devenir roi. Nous explorons de nouvelles
possibilités, expérimentons – parfois avec succès, parfois pour solliciter
encore notre créativité jusqu’à trouver une solution.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Vision</strong></h5>



<p>Et quel futur, justement, voulons-nous imaginer&nbsp;? Quel
«&nbsp;nous&nbsp;» créer&nbsp;?</p>



<p>La tentation est grande de considérer le confinement comme
une parenthèse, et d’attendre que la tempête passe pour reprendre nos vies. Contrairement
à la canicule, la crise actuelle n’a rien d’habituel, et c’est en partie ce qui
la rend si compliquée à vivre&nbsp;: nous n’avons pas de mécanismes de défense
en place. </p>



<p>En revanche, elle est vouée à se répéter de manière de plus en plus fréquente. Covid-19, Ebola, H1N1, SARS. Des épidémies de différentes ampleurs et gravités. Leur point commun, outre le fait de s’être produites dans les deux dernières décennies, est d’être liés au moins en partie à la destruction de la biodiversité ou à l’agriculture industrielle. </p>



<p>Des virus inoffensifs pour certains animaux sautent la
barrière des espèces et deviennent pathogènes chez l’homme. Ebola, par exemple,
apparait de manière plus fréquente dans les zones d’Afrique centrale et de
l’Ouest qui ont récemment subi des déforestations et où les chauves-souris
porteuses du virus se rapprochent des zones habitées. H1N1 est un virus
réassorti, c’est-à-dire créé par le mélange du matériel génétique de trois
virus grippaux – humain, aviaire et porcin – et apparu dans des élevages
intensifs de porc. </p>



<p>Alors que nous sommes prompts à chercher un coupable dans la nature pour l’épidémie actuelle – chauve-souris ou pangolin -, l’humanité devient un péril pour elle-même. Non pas en appuyant sur le bouton rouge d’une bombe nucléaire, mais d’une façon plus pervasive, en faisant des virus des «&nbsp;réfugiés de la destruction environnementale&nbsp;», tel que l’a formulé un article du <a href="https://www.monde-diplomatique.fr/2020/03/SHAH/61547">Monde Diplomatique</a>. Il ne s’agit ni de catastrophisme, ni d’annonces improvisées, mais de prédictions s’appuyant sur de solides éléments scientifiques. </p>



<p>L’épidémie nous oblige à nous penser comme les cellules d’un
corps social. A considérer l’impact de nos actions, individuellement ou en tant
que membre d’une entreprise, sur la collectivité. De la même manière que chacun
a une responsabilité à limiter la contagion en se confinant ou respectant les
gestes barrières, la réflexion sur la société que nous voulons pour l’avenir
est indispensable.</p>



<p>Le Covid-19 nous projette dans cette réalité où chaque
individu est au cœur d’un réseau de relations ceux qui l’entourent&nbsp;; et où
chaque ensemble d’individus – une famille, un secteur professionnel, le public
et le privé – est partie prenante de l’environnement dans lequel nous vivons. Chaque
section, ou plutôt constellation, a un impact différent sur la société. Les
entreprises, en particulier, suscitent des attentes non seulement pendant la
crise, mais aussi après, et ce d’autant plus que l’épidémie révèle à quel point
elles sont dépendantes du corps social.</p>



<p>Nous pouvons réfléchir à de nouveaux modes de cohabitation avec notre environnement, comme nous le faisions dans une goutte précédente (<a href="https://lejardindesdeesses.fr/2020/02/13/goutte-dinspiration-17/">ici</a>).</p>



<p>Quelle organisation et coopération voulons-nous&nbsp;pour
notre futur ? Quelles idées et forces positives pouvons-nous mettre en
mouvement&nbsp;? </p>



<p>Le confinement a le potentiel de se transformer en
laboratoire d’idées et d’invention. Il nous donne la possibilité de réfléchir
et d’expérimenter de nouveaux réseaux d’entraide et des formes d’organisations
collectives à venir.</p>



<p>Ne pas faire table rase, mais ne pas pour autant fermer les yeux sur ce que cette crise nous apprend et sur ses conséquences. Et surtout, sur l’imagination qu’elle nous permet d’avoir.</p>



<p></p>



<p>Et vous, comment libérez-vous votre créativité&nbsp;?</p>



<p>Marie-France Fourrier</p>



<p></p>



<p><span style="text-decoration: underline;">Si vous voulez apporter votre aide</span>&nbsp;:</p>



<ul><li>Réserve civique (<a href="https://covid19.reserve-civique.gouv.fr/">voir ici</a>): plateforme de solidarité face au Covid-19 mise en place par le gouvernement&nbsp;pour aider les plus fragiles ou ceux qui sont mobilisés</li></ul>



<ul><li>Des bras pour ton assiette (<a href="https://desbraspourtonassiette.wizi.farm/">voir ici</a>): plateforme mise en place par le gouvernement et la FNSEA&nbsp;; pour être mis en relation avec des agriculteurs en manque de main-d’œuvre </li><li>De nombreux collèges et lycées proposent des tutorat par Skype pour des élèves en difficulté&nbsp;</li></ul>



<p>L’initiative One Health est une des organisations visant à mieux prévenir et affronter les maladies à risque pandémique par une approche prenant en compte l’environnement&nbsp;: <a href="https://www.ecohealthalliance.org/program/one-health-action">visiter son site ici</a>. </p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Covid-19 et canicule (1/3)</title>
		<link>https://lejardindesdeesses.fr/2020/03/29/goutte-dinspiration-20/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie-France]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 Mar 2020 15:34:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Gouttes d'inspiration]]></category>
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					<description><![CDATA[L&#8217;an dernier, les mois de juin et juillet se sont déroulés dans la canicule. Arbres, animaux, insectes ont adopté des stratégies de survie. Pour autant, la vie ne s’est pas mise en sommeil : au contraire, le Jardin s’est réorganisé pour faire face. Comme l’épidémie actuelle de Covid-19, la canicule force chacun à modifier sa manière&#8230;
 <p> <a class="more-link" href="https://lejardindesdeesses.fr/2020/03/29/goutte-dinspiration-20/">Lire la suite</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<p>L&#8217;an dernier, les mois de juin et juillet se sont déroulés dans la canicule. Arbres, animaux, insectes ont adopté des stratégies de survie. Pour autant, la vie ne s’est pas mise en sommeil : au contraire, le Jardin s’est réorganisé pour faire face. </p>



<p>Comme l’épidémie actuelle de
Covid-19, la canicule force chacun à modifier sa manière de vivre pour se
protéger et protéger les autres.</p>



<p>Chaque espèce a mis en place ses
propres techniques et collabore avec les autres. Pour celles qui vivent en
communauté, la réclusion sous leur abri ou le couvert du paillage installé pour
protéger la terre du soleil est l’une des plus efficaces – mais pas forcément
la plus simple. Vivre dans une bulle nécessite de réinventer les systèmes
coopératifs&nbsp;: quels individus sont protégés en priorité&nbsp;? Qui est
chargé du ravitaillement, du lien avec l’extérieur&nbsp;? Quels échanges
prennent place au sein du groupe&nbsp;? Et surtout, comment le groupe
devient-il une entité plus large que la somme des individus qui le composent&nbsp;?</p>



<p>Individuellement, les fourmis
rousses, qui vivent dans des fourmilières en forme de dôme, sont incapable de
réguler la température de leur corps&nbsp;: elles sont dites «&nbsp;à sang
froid&nbsp;». En revanche, lorsque chaque individu est une cellule du corps
social, elles savent modifier la position des entrées de leur abri pour fermer
celles qui sont exposées au soleil et ouvrir celles situées dans les zones
d’ombres&nbsp;: collectivement, elles forment un corps «&nbsp;à sang
chaud&nbsp;». En contrôlant le degré d’ouverture et de fermeture de l’abri, elles
maintiennent l’équilibre entre protection face à des conditions extérieures
extrêmes et le maintien du minimum nécessaire de contact avec leur
environnement. </p>



<p>Résilience et coopération. </p>



<p>L’épidémie actuelle touche certes
à notre survie – notre santé, notre économie -, mais aussi à notre tissu
social, notre manière d’envisager la relation à l’autre et au groupe. </p>



<p>Confinement, quarantaine,
lockdown, distanciation sociale. Les mots ne manquent pas et les médias
rivalisent d’imagination pour tenter de définir une situation qui, bien qu’elle
ne soit pas inédite dans l’histoire, modifie profondément nos repères.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Recentrage&nbsp;</strong></h5>



<p>Si la vie du Jardin est loin de
s’arrêter pendant la canicule, elle se recentre sur l’essentiel. Certaines
plantes se mettent en repos végétatif, interrompant leurs fonctionnalités non
essentielles pour un temps, quitte à redoubler d’effort une fois que les
conditions sont plus favorables. Les potirons, par exemple, patientent jusqu’à
l’automne pour faire pousser leurs fruits.</p>



<p>Attente.</p>



<p>Attendre, oui, mais jusqu’à
quand&nbsp;? Car c’est l’incertitude qui est la plus frustrante dans le
confinement que le virus nous impose. Deux semaines, quatre, six, plus&nbsp;?
Pas de date. Le retour à la normal s’étire dans le flou. Les calendriers
accrochés sur nos murs, nos téléphones, nos ordinateurs, semblent nous narguer.
Notre rythme, d’habitude si parfaitement contrôlé, file entre nos doigts et
reste sourd à nos exigences. </p>



<p>Vide et vertige.</p>



<p>Deux solutions s’offrent à nous
face à l’étrange, à l’environnement dérangé, au temps suspendu. Remplir ce trou
dans nos vies à tout prix, y compris et surtout celui de la futilité. S’occuper
pour s’occuper, sans productivité mais surtout sans plaisir. Tenter d’ignorer
le malaise sourd que nous éprouvons à voir notre routine soudain inatteignable.
</p>



<p>Ou alors, réfléchir, justement, à
ce qui fait notre quotidien. Donner du sens à chaque élément – ou voir que
certains n’en n’ont pas, au-delà de l’habitude, du réflexe. Profiter de
l’absence de certaines tâches inévitables en temps normal pour redécouvrir et
approfondir l’essentiel.</p>



<p>Car recentrage signifie aussi
questionnement. Quelles sont ces moments et actions qui constituent le cœur de
nos vies&nbsp;? Contrairement aux plantes – dont l’essentiel est la survie, et
le secondaire, la croissance -, la réponse est personnelle à chaque. Pour
perturbante qu’elle soit, une vie confinée nous offre un espace propice à la
réflexion sur soi-même.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Réinventer la
coopération&nbsp;</strong> </h5>



<p>Pour personnel que soit ce retour
à soi-même, il n’exclu pas la collaboration et à la participation au groupe
social. Au contraire, tout ce qui est machinal dans notre relation aux autres
se trouve soudain inadapté, en décalage avec notre environnement. </p>



<p>Que nous soyons confinés en
famille ou seuls, travaillons à distance ou non, nous naviguons un équilibre
précaire entre solitude et contact social, entre fermeture de l’espace autour
de nous et invention de nouvelles ouvertures, comme l’air qui circule sous le
paillage du Jardin.</p>



<p>Quel que soit le fil rouge que
nous suivons, ni l’isolement, ni la compétition ne sont une option.</p>



<p>Comme les plantes, nous vivons au sein d’un réseau et le confinement nous fait plus que jamais prendre conscience à quel point nous sommes des êtres sociaux. Dans la nature, les interactions sont partie prenante de la survie et du développement des êtres vivants. Les racines des arbres, par exemple, sont reliées les unes aux autres à travers un maillage de champignons qui forment des mycorhizes, comme raconté dans une goutte précédente (à <a href="https://lejardindesdeesses.fr/2019/11/18/gouttes-dinspiration-11/">relire ici</a>).</p>



<p>Des modes de vie a priori
totalement différents se révèlent complémentaires et les caractéristiques de
l’un complémentent celles de l’autre. </p>



<p>En période de canicule, les
systèmes de coopération se modifient plusieurs fois au cours d’un même épisode
de chaleur. Cette agilité nous inspire dans notre manière d’inventer de
nouvelles méthodes de travail et de remplacer les outils, les lieux, les
interactions rendues impossibles par l’épidémie. Par tâtonnements, par essais
et échecs, jusqu’à trouver les conditions ou les partenaires idéaux – au moins
pour un temps, avant que les conditions ne changent ou que la symbiose soit perfectionnée.</p>



<p>Toutes les combinaisons ne sont
pas pour autant pertinentes. Si certaines plantes ont la capacité de répondre à
une large gamme de situations, d’autres ont des besoins plus spécifiques, et ne
peuvent se développer&nbsp;que dans des conditions bien précises. </p>



<p>Dans notre vie professionnelle,
l’espace de travail tend à effacer les différences, ou du moins les rendre
invisibles. Le confinement, et en particulier le télétravail, nous renvoie à
notre vie privée et brouille les frontières. De même que toutes les plantes ne
sont pas égales face à la chaleur extrême, chacun d’entre nous vit l’épidémie
dans un ensemble de conditions physiques, familiales et sociales différentes.</p>



<p>Le manager, en particulier, a
alors un rôle de facilitateur. En garantissant l’équité de tous, il créé un
contexte de coopération favorable au groupe dans son ensemble. Plutôt que
d’être bloqué dans des habitudes impossibles à poursuivre, il ouvre les yeux
sur des possibilités que nous n’envisageons pas en temps normal.</p>



<p>Harmonie avec soi-même. Harmonie du groupe.</p>



<p></p>



<p>Et vous, comment vous arrimez-vous à vous-même et aux autres&nbsp;?</p>



<p>Marie-France Fourrier</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les corridors d&#8217;échanges vitaux</title>
		<link>https://lejardindesdeesses.fr/2020/03/29/goutte-dinspiration-13/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie-France]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 Mar 2020 04:06:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Gouttes d'inspiration]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://lejardindesdeesses.fr/?p=628</guid>

					<description><![CDATA[Je travaille mois après mois à transformer progressivement ce qui était une grande pelouse, avec peu de diversité, en une série d&#8217;îlots de biodiversité reliés entre eux. Je m&#8217;inspire des travaux de Martin Crawford sur les forêts-jardins. Le principe de ces espaces repose sur des interactions entre espèces inspirées des forêts nourricières. Des plantes comestibles,&#8230;
 <p> <a class="more-link" href="https://lejardindesdeesses.fr/2020/03/29/goutte-dinspiration-13/">Lire la suite</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h4 class="wp-block-heading"></h4>



<p>  </p>



<p>Je travaille mois après mois à transformer progressivement ce qui était une grande pelouse, avec peu de diversité, en une série d&#8217;îlots de biodiversité reliés entre eux. Je m&#8217;inspire des travaux de Martin Crawford sur les forêts-jardins.</p>



<p>Le principe de ces espaces repose sur des interactions entre espèces inspirées des forêts nourricières. Des plantes comestibles, de différentes hauteurs, se complètent pour créer un système pérenne et équilibré, demandant peu de travail du sol, de désherbage ou de contrôle des ravageurs. Comprendre comment le monde naturel s’organise permet de créer à la fois un système de production soutenable et un magnifique lieu de vie et de travail.</p>



<p>A ma toute petite échelle, je plante un bébé arbre (souvent issu d&#8217;une graine plantée il y a 2 ou 3 ans) qui complètera la partie haute du jardin &#8211; la future canopée. Autour, de petits arbustes permettent de fixer l’azote dans le sol, d’offrir de la nourriture aux oiseaux (qui déposeront de l&#8217;engrais organique) et aux auxiliaires du jardin, et de faciliter l’implantation des couvre-sol. Ces derniers offrent aux vers de terre un espace protégé, préservent la diversité de graines de fleurs sauvages locales et abritent le sol du soleil ardent.</p>



<p>Et à chaque fois c&#8217;est le miracle, dans ce mini monde toute une série d&#8217;habitants s&#8217;installent et prospèrent. Comme dans un marché de village, les échanges se mettent en place et chacun contribue à construire la bulle de forêt-jardin en naissance.</p>



<p>Il ne me reste plus qu&#8217;à relier les îlots entre eux par des branches en décomposition, du compost et de la paille pour favoriser l&#8217;installation des mycorhizes et créer des corridors de la circulation des habitants …</p>



<p>Parce que, comme dans un village, les échanges sont vitaux pour l’écosystème, et la fragmentation d’habitats autrefois continus menace la biodiversité en empêchant les interactions entre les êtres vivants. Une étude publiée dans le magasine américain <em>Science</em> montre que la création de corridors entre les habitats entraîne, en près de 20 ans, 14% d’espèces de plus par rapport à des terrains fragmentés. La connectivité a un rôle majeur à la fois dans la colonisation, la survie et la richesse des espèces. D’après Nick Haddad, co-auteur de l’étude, les corridors d’échanges constituent un premier pas intuitif pour reconstituer la biodiversité.</p>



<p>Et la question se pose également pour moi. Quels sont les ilots de biodiversité intellectuelle, sociale, artistique, vers lesquels je dois maintenir des corridors de circulation pour moi-même et pour plus grand que moi ? Je m’interroge pour maintenir la biodiversité autour de moi et faciliter la création de corridors vers mon ilot.</p>



<p>Et vous, quel type d&#8217;îlot êtes-vous ? Quels habitants cherchez-vous à attirer et comment rendez-vous votre ilot attractif et utile pour eux ?</p>



<p>Marie-France Fourrier</p>



<p><em>La forêt-jardin</em>, Martin Crawford. Editions Ulmer, 2017.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>De la cécité à la gratitude botanique</title>
		<link>https://lejardindesdeesses.fr/2020/03/10/goutte-dinspiration-18/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie-France]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Mar 2020 02:23:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Gouttes d'inspiration]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://lejardindesdeesses.fr/?p=997</guid>

					<description><![CDATA[Pour les visiteurs du Jardin, le premier contact avec la diversité des plantes est souvent l’émerveillement. Plaisir d’apprendre, grâce aux fiches des plantes sur ce site (à consulter ici, ou en anglais ici), qui permettent de découvrir comment ces plantes sont utilisées en cuisine et en phytothérapie depuis des milliers d’années. Enthousiasme, pour leurs caractéristiques,&#8230;
 <p> <a class="more-link" href="https://lejardindesdeesses.fr/2020/03/10/goutte-dinspiration-18/">Lire la suite</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<p>Pour les visiteurs du Jardin, le premier contact avec la
diversité des plantes est souvent l’émerveillement. </p>



<p>Plaisir d’apprendre, grâce aux fiches des plantes sur ce site <em>(à consulter <a href="https://lejardindesdeesses.fr/les-plantes-du-jardin/">ici</a>, ou en anglais <a href="https://lejardindesdeesses.fr/the-plants-guide/">ici</a>)</em>, qui permettent de découvrir comment ces plantes sont utilisées en cuisine et en phytothérapie depuis des milliers d’années.</p>



<p>Enthousiasme, pour leurs caractéristiques, ce qu’elles ont à
nous apporter et comment vivre en symbiose avec elles. </p>



<p>En Scandinavie, où l’hiver est long et l’été, lumineux, le
printemps revêt une charge symbolique beaucoup plus forte. La lumière se fait
et la nature explose alors que les pousses sortent de terre. Joie et intérêt.</p>



<p>Une promenade dans le Jardin nous invite à interroger notre
propre regard sur le monde végétal. En particulier, la difficulté qu’éprouve la
majorité d’entre nous à percevoir et à prêter attention aux plantes&nbsp;:
alors que celles-ci sont omniprésentes dans la plupart des environnements, et
très souvent avec un grand nombre d’espèces sur de faibles surfaces, nous avant
du mal à comprendre leur rôle fondamental dans l’écosystème.</p>



<p>Cette résistance à ouvrir notre regard aux plantes a été
théorisée par deux botanistes Américains sous le nom de «&nbsp;plant
blindness&nbsp;», ou cécité botanique.</p>



<p>Celle-ci a ses racines dans l’étrangeté extrême des plantes par
rapport à nous, leur «&nbsp;végétalitude&nbsp;», qui nous les rend plus
difficiles d’accès que les animaux, chez qui nous pouvons plus facilement nous
retrouver.</p>



<p>Alors, comment dépasser cette inattention, apprécier
l’esthétique et les caractères biologiques uniques des plantes plutôt que de
les voir comme décors de fond&nbsp;?</p>



<p>D’une certaine manière, le cerveau ne perçoit que ce qu’il
connait déjà, ce dont il peut faire sens. La réponse repose donc dans
l’expérience de la nature – c’est-à-dire le contact avec les plantes, leur
beauté, leur caractéristiques physiques (couleur, parfum, taille…), mais aussi
les émotions, le sens symbolique que chacun d’entre nous leur attribue et
l’histoire personnelle que nous y associons (en particulier les souvenirs
d’enfant).</p>



<p>Cette introspection végétale se construit dès le plus jeune
âge&nbsp;: plus l’éducation valorise les expériences directes avec les plantes,
plus l’individu noue des contacts avec ces «&nbsp;autres&nbsp;». Les activités
de plein air, l’expression artistique, et les aspects symboliques (comme le
lien avec les saisons) créent des conditions indispensables pour comprendre et
soutenir l’importance de la conservation de la biodiversité végétale. </p>



<p>Pour que la gratitude pour la flore qui nous entoure nous
incite à réfléchir aux gestes quotidiens par lesquels nous pouvons la protéger.</p>



<p>Des gestes individuels, <em>comme ceux que vous pouvez voir <a href="https://lejardindesdeesses.fr/2019/09/25/gouttes-dinspiration-8/">ici</a>.</em></p>



<p>Des gestes collectifs, comme ceux des observatoires de la biodiversité, des enquêtes et études participatives. Comme ceux aussi des associations et des revues qui éduquent les enfants à la nature : par exemple l’association Humanité et Biodiversité (<em>à découvrir <a href="http://www.humanite-biodiversite.fr/">ici</a></em>), qui milite pour la prise de conscience et les actions concrètes&nbsp;; la CPN la Catignolle (<em>à découvrir <a href="http://www.cpn-port-mort.fr/index.html">ici</a>)</em>, qui participe à rétablir le lien entre l’humain et la nature à Port-Mort, près du Jardin&nbsp;; et tant d’autres.</p>



<p>Et vous, qu’est-ce qui vous fait ouvrir les yeux&nbsp;?</p>



<p>Marie-France Fourrier</p>



<p>Schussler,
Elizabeth, et Wandersee, James. “Toward a Theory of Plant Blindness”, in <em>Plant
Science</em>, (47.1), 2001</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Quand la nature se voit attribuer une personnalité juridique</title>
		<link>https://lejardindesdeesses.fr/2020/02/13/goutte-dinspiration-17/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie-France]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Feb 2020 23:26:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Gouttes d'inspiration]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://lejardindesdeesses.fr/?p=827</guid>

					<description><![CDATA[. Le fleuve Whanganui en Nouvelle-Zélande&#160;; l’Amazonie en Colombie&#160;; des glaciers en Inde, ainsi que des fleuves, lacs, forêts, ou la Terre mère en général&#160;: ces éléments naturels ont comme point commun d’avoir acquis une personnalité morale dans la dernière décennie. Ils ont le droit d’aller en justice pour défendre leurs droits et sont dotés&#8230;
 <p> <a class="more-link" href="https://lejardindesdeesses.fr/2020/02/13/goutte-dinspiration-17/">Lire la suite</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h4 class="wp-block-heading"> </h4>



<p><em>.</em>  </p>



<p>Le fleuve Whanganui en Nouvelle-Zélande&nbsp;; l’Amazonie en Colombie&nbsp;; des glaciers en Inde, ainsi que des fleuves, lacs, forêts, ou la Terre mère en général&nbsp;: ces éléments naturels ont comme point commun d’avoir acquis une personnalité morale dans la dernière décennie. Ils ont le droit d’aller en justice pour défendre leurs droits et sont dotés de représentants humains pour parler en leurs noms.</p>



<p>Surtout, ils montrent l’évolution du regard porté sur la nature et notre relation à l’environnement.</p>



<p>Le statut de personnalité juridique est différent de celui d’une personne humaine. Il ne s’agit pas de prétendre que la nature est humaine, mais plutôt d’affirmer qu’elle a une valeur intrinsèque, une valeur morale. Dans certains cas, comme la montagne Taranaki en Nouvelle-Zélande, ce n’est en<br> réalité pas la montagne elle-même qui se voit reconnaître des droits, mais une «&nbsp;entité&nbsp;», qui  exprime l’inséparabilité entre la montagne et la communauté Maori qui vit autour d’elle.</p>



<p>Ce statut traduit en droit une relation spécifique entre l’Homme et la Nature, dans une logique différente de la simple protection de l’environnement.</p>



<p>A la différence du patrimoine mondial de l’humanité, qui comprend plus de 200 éléments naturels, il ne considère pas la planète comme une propriété dont l’homme peut disposer à sa guide. Il ne s’agit pas non plus de placer la nature au-dessus de l’homme, mais de coexister de manière harmonieuse<br> et équilibrée.</p>



<p>L’académicien Michel Serres anticipait déjà en 1990, dans son ouvrage Le contrat naturel, que le contrat social doit se transformer en « droit de symbiose [qui] se définit par la réciprocité : autant la nature donne à l’homme, autant celui-ci doit rendre à celle-là, devenue sujet de droit ».<br> Accepter ce que la nature a à nous offrir, tout en lui permettant de se régénérer.</p>



<p>Entrer dans une relation respectueuse et soutenable autant pour l’homme que pour l’environnement où il vit et qui lui permet de se nourrir et de progresser.</p>



<p>Réconcilier l’homme avec le monde autour de lui, mais aussi avec lui-même, entre intérêts locaux et intérêt général.</p>



<p>La culture et le mode de vie maori considèrent l’humanité comme un élément d’un réseau familial, dans lequel les humains sont des frères et sœurs plus jeunes que les autres espèces, êtres et formes de vie. Si la nature a un rôle nourricier, l’homme n’est pas fondamentalement séparé d’elle&nbsp;: en<br> l’abîmant, il s’abîme lui-même.</p>



<p></p>



<p>Et vous, quels sont les lieux naturels auxquels vous aimeriez voir attribuer une identité juridique ? </p>



<p>Marie-France Fourrier</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Mycélium et mycorhize</title>
		<link>https://lejardindesdeesses.fr/2019/11/18/gouttes-dinspiration-11/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie-France]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Nov 2019 15:02:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Gouttes d'inspiration]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://lejardindesdeesses.fr/?p=512</guid>

					<description><![CDATA[Les gouttes d&#8217;inspiration : Au fil des saisons, au fil des balades, cette « brève » est l’occasion de partager avec vous une réflexion inspirée par la nature et l’énergie du vivant. Je sors pour ma première tournée du jardin de la journée. Il a plu hier et l’humidité recouvre encore le sol. Pendant la&#8230;
 <p> <a class="more-link" href="https://lejardindesdeesses.fr/2019/11/18/gouttes-dinspiration-11/">Lire la suite</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Les gouttes d&#8217;inspiration : Au fil des saisons, au fil des balades, cette « brève » est l’occasion de partager avec vous une réflexion inspirée par la nature et l’énergie du vivant.</em> </p>



<p>Je sors pour
ma première tournée du jardin de la journée. Il a plu hier et l’humidité
recouvre encore le sol.</p>



<p>Pendant la
nuit, des petites taches blanches et brunes ont surgi et parsèment tout le
terrain : sur les bottes de paille, les rondins de bois des buttes de légumes,
dans l&#8217;herbe. De petits champignons qui s’éparpillent dans tout le jardin,
comme les membres d’une famille qui décident d’explorer un nouveau terrain de
jeu.</p>



<p>Et une grande
famille, c’est bien ce qu’ils sont&nbsp;: ce que je vois ne sont que les&nbsp;productions
aériennes et temporaires d’un appareil végétatif souterrain qui peut s’étendre
sur plusieurs mètres carrés, le mycélium. </p>



<p>Cet ensemble
de filaments a un rôle incroyablement important dans l’écosystème du jardin&nbsp;:
il connecte différents végétaux en formant une association symbiotique avec
leurs racines et créé ainsi un véritable réseau de plantes, appelé réseau
mycorhizien. Le mycélium reçoit des sucres produit par les plantes&nbsp;; en
échange, il augmente leur efficacité d’absorption d’eau et de nutriments.</p>



<p>Mais
surtout, il sert d’intermédiaire à des échanges de nutriments, par exemple de
carbone, entre des végétaux – qui n’appartiennent pas forcément à la même
espèce&nbsp;!</p>



<p>Il permet
aux autres plantes de se compléter en fonction de leurs compétences et de
répartir les ressources nécessaires à la croissance de chacun. Celui qui est en
condition favorable (lumière, milieu nutritif…) peut ainsi encourager la
croissance de celui en condition défavorable. Et recevoir la pareille lorsque
les conditions changent&nbsp;! </p>



<p>La
communauté végétale créée par le mycélium est solidaire et ses membres se
soutiennent entre eux. C’est ce qui permet à chacun de vivre bien mieux que par
lui-même.</p>



<p>Certains
scientifiques comparent ces réseaux à un «&nbsp;wood-wide web&nbsp;», un
internet végétal. Comme pour notre internet, ses possibilités sont encore
inexplorées, mais il ne fait pas de doute que ses ressources sont précieuses.</p>



<p>Le mycélium
est aussi très résistant&nbsp;: en conditions défavorables (froid, sécheresse),
il peut se mettre au repos plusieurs mois ou plusieurs années avant de reprendre
sa croissance.</p>



<p>Plus encore,
il n’a pas qu’un rôle de réseau&nbsp;: il protège l’écosystème en général.
D’abord en retenant les sols – jusqu’à 30&nbsp;000 fois sa masse&nbsp;! -, ce
qui ralentit l’érosion. Il porte tout l’environnement sur son dos. Et il en profite
de son côté, puisque cela lui permet de continuer sa croissance. Ensuite, c’est
un super-décompositeur qui transforme toutes les matières organiques en humus. Enfin,
il produit des antibiotiques qui protègent l’écosystème contre le développement
d’agents pathogènes.&nbsp; </p>



<p>Le mycélium
connecte les individus tout en protégeant la globalité. Et c’est ce qui lui
permet de vivre et de grandir&nbsp;!</p>



<p>Et vous, dans vos échanges avec vos différents cercles, qui sont vos mycéliums et de qui êtes-vous le mycélium ?</p>



<p>Marie-France Fourrier</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La danse entre le rêve et le réel : créer et se créer</title>
		<link>https://lejardindesdeesses.fr/2019/09/04/goutte-dinspiration-6/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie-France]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Sep 2019 22:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Gouttes d'inspiration]]></category>
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					<description><![CDATA[Je contemple mon mois d’Août qui se termine. Il est lumineux, plein et savoureux comme un fruit gorgé de soleil qui a tenu ses promesses. Un été de co-création, de danse entre le rêve et le réel et de révélation. La co-création a commencé avec le jardin, la nature et les éléments. Semer, planter au&#8230;
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										<content:encoded><![CDATA[
<h4 class="wp-block-heading"></h4>



<p></p>



<p>Je contemple mon mois d’Août qui se termine. Il est lumineux, plein et savoureux comme un fruit gorgé de soleil qui a tenu ses promesses.</p>



<p>Un été de co-création, de danse entre le rêve et le réel et de révélation.</p>



<p>La co-création a commencé avec le jardin, la nature et les éléments. Semer, planter au printemps avec un rêve en tête mais aussi avec beaucoup d’humilité. En l’absence d’appoints chimiques, le jardinier permaculturel sait qu’il n’est pas tout puissant&nbsp;: ce qui a été semé ne poussera pas forcément et ce qui a été planté ne fleurira peut-être pas.</p>



<p>Effectivement, gel en avril, armées de limaces en mai, canicules précoces …. Rien n’a évolué comme je l’imaginais <img src="https://s.w.org/images/core/emoji/15.0.3/72x72/1f642.png" alt="🙂" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /></p>



<p>Alors, fin juin j’ai largement paillé les espaces les plus exposés du jardin pour le protéger du dessèchement total, ressemé à la volée et vérifié tous les jours que la terre restait humide sous l’épaisse couche de paille.</p>



<p>Et je l’ai laissé composer avec les éléments et se recréer tout seul dans un joyeux chaos d’alliances de formes et couleurs inhabituelles, de surgissements et d’hybridations imprévues. Ma tournée de vigilance est devenue une tournée de découverte.</p>



<p>&#8230;</p>



<p>C’est le même lâcher prise qui a inspiré les participants des stages «&nbsp;Les sens de soi, l’Essence de soi&nbsp;»</p>



<p>S’immerger dans la nature, méditer, se laisser guider par les sonorités, les odeurs, les matières. Laisser les mains faire sans intention.</p>



<p>Juste vibrer à l’unisson, voir ce qui émerge. S’émerveiller devant la justesse de ce qui est là.</p>



<p>Et poursuivre la co-création avec le jardin en y trouvant la juste place pour son œuvre.</p>



<p><a href="https://lejardindesdeesses.fr/en-ce-moment-au-jardin-des-deesses/">https://lejardindesdeesses.fr/en-ce-moment-au-jardin-des-deesses/</a></p>



<p>&nbsp;&#8230;</p>



<p>Danse entre le rêve et la réalité : créer, se laisser créer et se créer…</p>



<p>Nous avons affiné la danse de la relation dans les stages «&nbsp;Nectars de coach&nbsp;».</p>



<p>Accompagner le coaché à se connecter à son rêve de lui-même, le rêver avec lui. Puis lui apprendre à danser entre son rêve et la réalité pour se créer. Et, comme un jardinier attentif et attentionné, rester en vigilance sur l’essentiel&nbsp;: source, ressources, énergie, flux du vivant, cheminer avec le coaché &#8230; et le laisser trouver sa juste voie.</p>



<p>Le Jardin des Déesses garde encore de la trace des créations, échanges, énergies singulières et potentiels révélés par tous ceux qui l&#8217;ont visité cet été.</p>



<p>Merci à chacune et chacun de l’avoir investi et Habité.</p>



<p>Et vous comment dansez-vous entre vos rêves et le réel&nbsp;?</p>



<p>Marie France Fourrier</p>



<p>Coach et permacultrice du vivant</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Auprès de nos arbres</title>
		<link>https://lejardindesdeesses.fr/2019/07/23/goutte-dinspiration-19/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie-France]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Jul 2019 10:28:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Gouttes d'inspiration]]></category>
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					<description><![CDATA[Pour certains d’entre nous, l’absence de contact direct avec la nature est particulièrement douloureuse à vivre&#160;: le besoin de terre, et le besoin d’arbres se font particulièrement ressentir. Le contact d’une écorce rugueuse sous les doigts, le bruit d’une brise dans les branches. Un sentiment de connivence, de proximité. Une grande inspiration, et nous voilà&#8230;
 <p> <a class="more-link" href="https://lejardindesdeesses.fr/2019/07/23/goutte-dinspiration-19/">Lire la suite</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<p>Pour certains d’entre nous, l’absence de contact direct avec la nature est particulièrement douloureuse à vivre&nbsp;: le besoin de terre, et le besoin d’arbres se font particulièrement ressentir.</p>



<p>Le contact d’une écorce rugueuse sous les doigts, le bruit d’une brise dans
les branches. Un sentiment de connivence, de proximité. Une grande inspiration,
et nous voilà calmes, apaisés. </p>



<p>D’où vient que certains d’entre nous se sentent si bien en présence des
arbres&nbsp;? </p>



<p>Des souvenirs d’enfance, peut-être – d’avoir joué à cache-cache dissimulé
derrière un tronc, le cœur battant, ou d’avoir grimpé à leurs branches. Ou
peut-être simplement la conscience qu’ils sont les poumons de notre planète. Au
sens écologique, bien sûr, mais aussi symbolique. </p>



<p>Comme nous, les arbres sont des êtres sociaux. Qu’ils grandissent isolés ou au milieu d’une forêt, ils sont au cœur d’un réseau, en symbiose avec leur espèce et la biosphère. Ils communiquent entre eux, se répandent dans de nouveaux espaces, parfois s’affrontent pour un rayon de lumière. Ils offrent un abri à d’autres plantes et animaux et profitent de leur présence en retour. Via le processus de la photosynthèse, ils s’appuient sur des mycorhizes pour synthétiser l’énergie lumineuse et fabriquer des sucres, comme expliqué dans une goutte d’inspiration précédente (<a href="https://lejardindesdeesses.fr/2019/11/18/gouttes-dinspiration-11/">à relire ici</a>). </p>



<p>Et le cycle se poursuit jusqu’à nous, lorsque nous assimilons l’énergie des
plantes en les consommant.</p>



<p>Les arbres nous arriment à la nature. Ils absorbent la lumière du
soleil&nbsp;; pourtant, leurs racines plongent dans la terre, dans l’obscurité.
Ombre et lumière.</p>



<p>Entre élancement vers le ciel et lien à la terre, l’arbre répare l’unité
perdue. Il ancre dans le réel et le vivant. Dans les rêves et l’imagination.</p>



<p>Ils maintiennent l’équilibre et harmonisent un balancement précieux.
Produisent de l’oxygène et absorbent du dioxyde de carbone, là où nous
consommons l’oxygène et rejetons CO2. A leurs feuilles vertes et leur sève
froide répond notre sang rouge et chaud.</p>



<p>Ils donnent aussi une forme physique à notre intériorité. La taille du
tronc indique l’histoire de vie de l’arbre, ses cercles concentriques comme
autant de moments qui ont construit notre expérience, année après année. Les
fruits et les feuilles sont ceux que nous souhaitons faire pousser pour les
offrir au monde, réjouir ceux qui nous sont chers et faire féconder nos réseaux.
Même l’incroyable diversité des espèces reflète celle des hommes &#8211; quand vous
pensez «&nbsp;arbre&nbsp;», lequel vous vient à l’esprit&nbsp;? A quoi pensent
vos proches, vos voisins, une personne de l’autre côté de la terre&nbsp;?</p>



<p>Arbre, grand frère, entité tutélaire et bienveillante auprès duquel nous
nous réfugions pour méditer, lire, rêver, dormir, respirer.</p>



<p>Arbre dont l’ombre nous protège et nous rafraichit lors des canicules.</p>



<p>Arbre qui nous fait rêver, couchés sous ses branches, à regarder la façon
dont la lumière se faufile dans les feuilles, illumine les teintes de vert.</p>



<p>Arbre complice allié fidèle et constant. Digne de notre respect.</p>



<p>Et vous, comment vous sentez-vous liés aux arbres&nbsp;?</p>



<p>Marie-France Fourrier</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les petits mondes</title>
		<link>https://lejardindesdeesses.fr/2019/06/30/goutte-dinspiration-28/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie-France]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Jun 2019 14:34:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Gouttes d'inspiration]]></category>
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					<description><![CDATA[Au fil du temps, le Jardin a accueilli plusieurs projets avec des enfants et des adolescents&#160;: photographier les «&#160;petits mondes&#160;», par exemple les mousses sur les murs, les plantes entre deux pavés…&#160;; adopter un petit coin de nature et l’observer au cours des saisons&#160;; ou encore regarder quelles plantes poussent les unes avec les autres,&#8230;
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										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<p>Au fil du temps, le Jardin a accueilli plusieurs projets avec des enfants et des adolescents&nbsp;: photographier les «&nbsp;petits mondes&nbsp;», par exemple les mousses sur les murs, les plantes entre deux pavés…&nbsp;; adopter un petit coin de nature et l’observer au cours des saisons&nbsp;; ou encore regarder quelles plantes poussent les unes avec les autres, et lesquelles hébergent certains insectes.</p>



<p>Les enfants explorent le Jardin, s’imprègnent et s’émerveillent de ce qu’ils voient. Et nous, adultes, nous émerveillons avec eux.</p>



<p>Joie et créativité.</p>



<p>La nature encourage la curiosité d’esprit que le quotidien tend à nous faire perdre – peu importe notre âge. Elle incite à aller au contact, par le toucher, l’odorat, voire le goût.</p>



<p>Elle s’offre à nous sous une multitude d’aspects, qui font le bonheur des enfants en permettant d’adapter les découvertes aux intérêts de chacun&nbsp;: l’un d’entre eux aime la cuisine&nbsp;? C’est l’occasion d’explorer les propriétés culinaires de chaque plante et les cuisines traditionnelles dans lesquelles elle est utilisée. Un autre se rêve en archéologue&nbsp;? Il aimera certainement découvrir la composition des sols et leurs effets sur l’environnement (ou un hypothétique trésor&nbsp;!).</p>



<p>Le Jardin offre aussi un cadre où l’enfant peut participer activement et prendre – à son échelle – des responsabilités, répondre à des défis, et donc observer ses progrès, par exemple en documentant un coin de verdure et son évolution.</p>



<p>S’approprier les savoirs, plutôt que les recevoir passivement, les transformer et les réinventer&nbsp;: chacun à sa manière, sans tenter de rentrer dans un cadre qui ne convient à personne en voulant être adaptés à tous. Apprendre à dire&nbsp;: pourquoi&nbsp;? comment&nbsp;?</p>



<p>Surtout, l’apprentissage est mutuel. Entre les enfants tout d’abord&nbsp;: découvrir la coopération en observant des symbioses, par exemple entre <a href="https://lejardindesdeesses.fr/2019/11/18/gouttes-dinspiration-11/">mycélium et mycorhize</a>, et la mettre en pratique en travaillant en groupe vers un but commun. Appréhender <a href="https://lejardindesdeesses.fr/2020/01/29/goutte-dinspiration-13/">les corridors d’échanges vitaux</a> entre îlots de biodiversité et comprendre que les connaissances circulent de la même manière. Replacer le «&nbsp;petit monde&nbsp;» dans le grand, prendre conscience de ce qui nous relie et de la nécessité de préserver notre planète.</p>



<p>Entre enfants et adultes, ensuite. Regarder des enfants s’extasier d’une chenille ou d’une fourmilière est un merveilleux moyen de trouver ou retrouver notre <a href="https://lejardindesdeesses.fr/2020/03/10/goutte-dinspiration-18/">gratitude botanique</a>, c’est-à-dire dépasser notre inattention à l’égard des plantes, cesser de les considérer comme une simple toile de fond pour redécouvrir ce qu’elles ont à nous apprendre. Ils nous poussent aussi à nous interroger&nbsp;: cet aspect de notre mode de vie qui nous paraît si évident, parce que nous le pratiquons depuis des années, est-il vraiment pertinent&nbsp;? Est-il bénéfique pour nous-même, nos proches et notre environnement&nbsp;? Et nous retournions en enfance, quel monde aimerions-nous inventer&nbsp;?</p>



<p>Alors que la situation sanitaire a mis le Jardin en pause, les enfants nous rappellent d’ouvrir les yeux et de nous arrêter un instant, le temps d’observer nos petits mondes.</p>



<p>Et vous, comment partagez-vous vos émerveillements&nbsp;?</p>



<p>Marie-France Fourrier</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L&#8217;écureuil, les noisettes et le flow</title>
		<link>https://lejardindesdeesses.fr/2019/03/29/goutte-dinspiration-14/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie-France]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Mar 2019 05:13:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Gouttes d'inspiration]]></category>
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					<description><![CDATA[Par moments, je fonctionne comme un écureuil avec ses noisettes: je dépose des noisettes (projets) dans plein d&#8217;endroits, et j&#8217;oublie où &#8230; mais il y en a partout et je trouve toujours quelque chose à faire. Pas forcément optimal sur l&#8217;utilisation de mon énergie, mais écologique au global car je contribue à diffuser des idées&#8230;
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										<content:encoded><![CDATA[
<p> </p>



<p>Par moments, je fonctionne comme un écureuil avec ses noisettes: je dépose des noisettes (projets) dans plein d&#8217;endroits, et j&#8217;oublie où &#8230; mais il y en a partout et je trouve toujours quelque chose à faire. Pas forcément optimal sur l&#8217;utilisation de mon énergie, mais écologique au global car je contribue à diffuser des idées (comme les écureuils permettent aux noisetiers de se multiplier), tout comme les idées des autres me nourrissent.<br><br>Un peu comme les caches de noisettes dans lesquelles les graines sont prises / déposées / remplacées par différentes espèces.<br><br>Quand je suis dans mon énergie d’écureuil, j’ai beau prévoir et planifier, je ne fais que rarement exactement ce que j&#8217;ai prévu de faire, au moment exact où j&#8217;ai prévu de le faire. Ce qui me guide est plutôt la recherche du flow: faire les choses au moment où mon énergie et mon envie sont optimales.<br><br>Dans ces moments, j’atteins un état de concentration maximale et de plein engagement dans ma tâche. Je suis entièrement focalisée sur le moment présent et je laisse de côté les frustrations et les préoccupations. La clarté de mes buts me permet de garder la réussite en vue et me donne un sentiment de maîtrise et d’accomplissement.<br><br>Liberté et légèreté, comme l&#8217;écureuil quand il court et saute d&#8217;arbre en arbre.<br><br>Joie spontanée et harmonie, comme l’écureuil trouve son équilibre dans le mouvement en utilisant son panache comme régulateur.<br><br>D&#8217;expérience, faire les choses au moment où notre envie est optimale n&#8217;est pas toujours évident: cela nous demande de reprendre la main sur notre cadre de travail et d&#8217;être vigilants à négocier et maintenir en permanence des marges d&#8217;autonomie. Avec le coût associé et assumé.<br><br>Et pour les choses les moins fun, comment trouver les conditions qui les rendent les plus plaisantes possibles&nbsp;? Les stratégies sont variées&nbsp;: </p>



<ul><li>Certains choisissent un lieu cosy et chaleureux</li><li>Les sensoriels se mettent dans un rayon de soleil ou se préparent un très bon thé/ café</li><li>D’autres mettent une musique qu’ils aiment ou qui leur permet de se concentrer en douceur</li><li>D’autres encore rangent leur espace d’abord pour avoir les idées claires</li></ul>



<p>
Et pour imaginer et trouver des idées&nbsp;?

</p>



<ul><li>Pour certains, c&#8217;est le dialogue qui est au cœur de leur créativité.</li><li>D’autres préfèrent des lieux très stimulants sensoriellement, par exemple des places publiques ou des lieux ludiques.</li><li>Une de mes amies très créative privilégie les environnements qui nourrissent son sens esthétique (musée, galerie d’art &#8230;)</li><li>Pour d&#8217;autres, c&#8217;est le fait de mettre toutes leurs idées sur un mur et de les réagencer, d’utiliser leurs mains&nbsp;</li><li>Ou alors de marcher, de se sentir en mouvement (transports en commun longs, train notamment)</li><li>De participer à un colloque ou une formation</li><li>Pour ma part, je suis énergisée par les lieux où je peux faire plein d&#8217;associations en regardant un petit monde évoluer, comme les butineurs et auxiliaires dans mon jardin de mars à novembre, et ceux où je vois la nature en mouvement (la Seine qui coule, le ressac dans les rochers au bord de la mer, les nuages qui passent dans le ciel&#8230;).</li></ul>



<p>
Et vous qu&#8217;est-ce qui vous met dans le flow et qu&#8217;est-ce qui vous énergise ?<br><br>
Marie-France Fourrier<br></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les plis du monde, source d&#8217;émerveillement</title>
		<link>https://lejardindesdeesses.fr/2019/01/22/goutte-dinspiration-12/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie-France]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Jan 2019 02:21:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Gouttes d'inspiration]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://lejardindesdeesses.fr/?p=524</guid>

					<description><![CDATA[Alors que la nuit tombe, le thermomètre indique moins de zéro. Bien au chaud dans le salon, je me réfugie dans la magnifique BD de Jérémie Moreau, Penss et les plis du monde. Elle m’emporte dans un monde imaginaire et en même temps absolument réel. «&#160;Ce que tu ne comprends pas, c’est que ces montagnes,&#8230;
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										<content:encoded><![CDATA[
<p> </p>



<p>Alors que la nuit tombe, le thermomètre indique moins de
zéro. Bien au chaud dans le salon, je me réfugie dans la magnifique BD de
Jérémie Moreau, <em>Penss et les plis du monde</em>. Elle m’emporte dans un monde
imaginaire et en même temps absolument réel.</p>



<p>«&nbsp;Ce que tu ne comprends pas, c’est que ces montagnes,
ces étoiles, sont infiniment plus belles que n’importe quel homme&nbsp;».</p>



<p>A l’aube de l’humanité, Penss est un jeune homme rêveur, qui
préfère contempler les beautés de la nature plutôt que de chasser. Il rêve de pouvoir
prendre le temps. Le temps de porter un regard singulier sur le monde&nbsp;; le
temps de rêver, de regarder l’eau du ruisseau onduler et les nuages s’étirer
dans le ciel. Il observe un monde en mouvement permanent&nbsp;; où, comme chez
Héraclite, on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve.</p>



<p>Pourtant, Penss est seul. Il est seul face à la beauté du
monde que les autres ne perçoivent pas. Son groupe l’exclut parce qu’il refuse
la place qu’on veut lui imposer. Tu te trompes, lui dit-on. Mais Penss n’a pas
de certitudes. Au contraire, il est en recherche permanente de sa place dans le
monde.</p>



<p>La solitude devient pour lui une chance de pouvoir passer du
temps avec lui-même. Alors que les autres sont trop occupés à courir après…
après quoi&nbsp;? Une position sociale. De meilleures conditions matérielles. </p>



<p>Pour autant, c’est aussi pour leur survie qu’ils luttent.
Trouver de quoi manger le soir. Le rapport primordial à la nature est une lutte
quotidienne, sans merci. La nature n’est pas seulement une beauté fascinante,
c’est aussi un ennemi à conquérir et maîtriser. A la fois sauvage et généreuse
– à condition d’en payer le prix.</p>



<p>L’histoire de Penss est aussi une histoire du doute et de l’échec. Il cherche à comprendre le cycle de la vie mais, pour cela, il doit d’abord se débarrasser de ses certitudes. Il refuse la bêtise des hommes arcboutés sur des principes et des croyances dépassées.</p>



<p></p>



<p>Le rêveur voit au-delà de l’évidence. «&nbsp;Et si l’illusion était dans vos yeux&nbsp;?&nbsp;»</p>



<p></p>



<p>Penss découvre la structure du monde, un monde fait de plis.</p>



<p>Tout est fait de plis&nbsp;: dans les nuages, les écorces,
les montagnes, les lignes de la main, les rides du visage. Plis de l’âme,
aussi. Dans le tissu du monde, la matière se plie et se replie à l’infini. La
même force est à l’œuvre partout, dans l’infiniment petit et dans l’infiniment
grand.</p>



<p>Lorsqu’il plie, le cosmos ne se sépare pas en parties
distinctes mais se divise, encore et encore, en plis de plus en plus petits. Il
garde une cohésion, sans que sa substance ne se dissolve jamais. On ne peut
jamais tout déplier, et de là vient la joie de la découverte permanente.</p>



<p>Pli sur pli, le monde est comme une disjonction d’images,
une superposition infinie de plans, de surfaces glissant les unes sur les
autres&nbsp;: en quelque sort, un labyrinthe stratifié, dont les plis se
décomposent en mouvement courbes. Libre à nous de suivre les lignes de cette
perpétuelle expansion et de les interpréter. </p>



<p>Le monde des plis est aussi celui des secrets, des&nbsp;creux
obscurs, de l’envers et de l’endroit. Certains motifs sont amenés à la clarté tandis
que d’autres sont maintenus dans l’obscurité, mais toujours présents à l’orée
de notre perception, comme un bruit de fond. Intériorité et extériorité.</p>



<p>Accepter cette multiplicité, ce monde en perpétuelle ébauche,
et faire partie d’un tout. De là vient l’harmonie et l’apaisement.</p>



<p>Et vous, faites-vous partie d’un monde plus grand et plus
fort que vous&nbsp;?</p>



<p>Marie-France Fourrier et Elena Richard</p>



<p></p>



<p>Jérémie Moreau, <em>Penss et les plis du monde</em>. Editions
Delcourt, 2019.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L&#8217;eau, reflet et transformation</title>
		<link>https://lejardindesdeesses.fr/2018/11/02/goutte-dinspiration-16/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie-France]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Nov 2018 05:20:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Gouttes d'inspiration]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://lejardindesdeesses.fr/?p=639</guid>

					<description><![CDATA[Aujourd&#8217;hui, la pluie tombe sur le jardin comme sur une bonne partie de la France. Les gouttes voyagent, tombent du ciel pour venir nourrir la terre et les plantes. Ce n’est pas un hasard si l’eau est associée à la vie dans la plupart des cultures&#160;: elle est présente partout – dans notre corps, dans&#8230;
 <p> <a class="more-link" href="https://lejardindesdeesses.fr/2018/11/02/goutte-dinspiration-16/">Lire la suite</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h4 class="wp-block-heading"></h4>



<p>  </p>



<p>Aujourd&#8217;hui, la pluie tombe sur le jardin comme sur une bonne partie de la France. Les gouttes voyagent, tombent du ciel pour venir nourrir la terre et les plantes.</p>



<p>Ce n’est pas un hasard si l’eau est associée à la vie dans la plupart des cultures&nbsp;: elle est présente partout – dans notre corps, dans toute matière organique, et même sur Mars. Elle reflète aussi son environnement, en changeant d’état avec les variations de température et de pression<em>.</em></p>



<p>De la même manière que chaque individu occupe l’espace où il évolue d’une manière différente, les comportements de l’eau varient selon son état&nbsp;: l’eau liquide est incapable de tenir en place tant qu’elle ne se situe pas dans un environnement adapté, un contenant qui la retient. Plus encore, la vapeur est voyageuse, à moins de se retrouver dans un espace fermé. La glace, enfin, est immobile à moins d’un séisme assez puissant pour la déloger&nbsp;; dans ces moments-là, elle dégage une force immense, comme les mouvements des glaciers.</p>



<p>Si elle a un nombre déterminé d’états possibles – trois -, elle peut passer par des variations infinies dans sa forme.</p>



<p>L’eau est avant tout un élément mobile et transitoire, capable de s’adapter&nbsp;; de fondre sous une élévation de température pour se placer dans un nouvel espace et redevenir solide sous une autre forme.</p>



<p>Pour autant, l’eau est souvent sous-estimée. Les eaux souterraines sont cachées à la vue, comme des ressources intérieures dont nous n’avons pas toujours consciences – chez nous et chez les autres. Parfois, elles finissent par surgir, comme une source qui apparaît brièvement avant de retourner sous terre.</p>



<p>Parce que l’eau est toujours en mouvement&nbsp;: elle se déplace avec les marées, en suivant le rythme du flux et du reflux. L’important est alors de l’attirer à nous pour la faire surgir au bon moment.</p>



<p>Même les eaux paisibles dissimulent des courants ou, tout simplement, le mouvement de la vie, qu’elle soit animale, végétale, ou même microscopique. Et lorsque cette agitation est invisible à la vue, l’eau se mue en miroir. C’est alors le reflet de notre propre vie qu’elle renvoie&nbsp;; parfois fidèle, parfois déformé par les ondes sous la surface.</p>



<p>Alors que le début d’année est souvent considéré comme le moment du changement, de la transformation, l’eau calme nous invite à prendre un temps de réflexion.<br>
<br>
Voir quels miroirs nous renvoient une image exacte et lesquels sont trompeurs, et réfléchir aux nouvelles formes que nous pouvons et que nous souhaitons prendre. Même le potentiel destructeur de l’eau, par exemple sous forme de déluge, nous permet de revenir sur les éléments qui nous soutiennent dans les périodes difficiles. Quelle est mon arche de Noé&nbsp;? Qu’est-ce qui me permet de garder la tête hors de l’eau&nbsp;?</p>



<p>Et vous, quelles formes prenez-vous&nbsp;? Quelles sont vos transformations&nbsp;?<br><br>
Marie-France Fourrier</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les guêpes, ennemies ou alliées?</title>
		<link>https://lejardindesdeesses.fr/2018/07/23/gouttes-dinspiration-7/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie-France]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Jul 2018 17:02:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Gouttes d'inspiration]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://lejardindesdeesses.fr/?p=430</guid>

					<description><![CDATA[Dans les vergers, la fin de l’été est souvent associée à la récolte des fruits … et à la présence de guêpes, surtout en cas de sécheresse. Or le Jardin des Déesses est largement pourvu d’arbres et d’arbustes fruitiers … et de visiteurs humains. J’ai toujours été intriguée par les gestes combatifs que déclenchent souvent&#8230;
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<p>Dans les vergers, la fin de l’été est souvent associée à la récolte des fruits … et à la présence de guêpes, surtout en cas de sécheresse. Or le Jardin des Déesses est largement pourvu d’arbres et d’arbustes fruitiers … et de visiteurs humains.</p>



<p>J’ai toujours été intriguée par les gestes combatifs que déclenchent souvent la présence d’une guêpe. (Je ne parle pas ici des personnes allergiques, dont on comprendra l’inquiétude et qui d’ailleurs ont plutôt tendance à se mettre à l’écart). J’étais moi aussi impressionnée par le vol d’une ou plusieurs guêpes autour de moi, mais plus curieuse que paniquée.</p>



<p>J’ai eu envie d’observer de plus près ces insectes si redoutés. J’ai donc mis en place des « restaurants à guêpes »: des petits bacs en plastique transparent dans lesquels je dépose les pommes et prunes avariés ramassés dans le jardin (il y en a une trop grande quantité pour qu’elle soit transformée par mon lombricompost). Ces « restaurants » sont positionnés derrière une baie vitrée à l’écart du passage habituel. Je les approvisionne tous les jours et enlève les bacs devenus inutiles (fruits trop secs, complètement évidés). J’ai également rajouté un bac de petits morceaux de bois friable. Je tiens à préciser que je n’ai jamais été piquée lors de mes manipulations des bacs, que je fais en douceur et aux heures les moins fréquentées. Mais c’est une expérience personnelle et je n’en fais pas l’apologie.</p>



<p>A l’intérieur de la maison et à l’abri de la vitre, il est possible d’observer de très près le ballet des guêpes. Les enfants adorent repérer leurs différentes activités :<br> &#8211;&nbsp;&nbsp;certaines débitent les pommes en petites boulettes et s’envolent avec ces petites boulettes fermement accrochées entre leurs pattes;<br> &#8211;&nbsp;&nbsp;d’autres raclent le bois avec leurs mandibules pour le mélanger à leur salive. Elles ramènent ensuite la pâte à bois pour la construction du nid;<br> &#8211;&nbsp; d’autres encore prélèvent du liquide sucré à la surface des fruits les plus juteux;<br> &#8211;&nbsp; d’autres, enfin, semblent en vigilance car elles sont les premières à intervenir pour les intruses « non club members » de « leur » restaurant.</p>



<p>Plusieurs types de guêpes coexistent : guêpes germaniques reconnaissables à leur barre en T sur la tête et guêpes communes. Elle se sont réparti les « restaurants » et vivent apparemment en bon voisinage.</p>



<p>Leur travail est considérable et elles facilitent le travail d’autres agents du sol en transformant des fruits avariés en dentelles de pelures et en monticules de toutes petites boulettes (les copeaux trop petits qu’elles ne peuvent pas emporter). Il leur arrive d’évider complètement un fruit, les poires en particulier, et de laisser derrière elles une structure translucide et éphémère.<br> &nbsp;<br> Les étés où le nombre de fruits est très important, un plus grand bac est prévu à l’écart. J’ai constaté que des frelons européens viennent y chasser les guêpes. En vol stationnaire au dessus du bac, ils fondent brutalement sur une de leurs proies, agrippent avec dextérité et l’embarquent pour nourrir leurs petits.&nbsp;<br> &nbsp;&nbsp;<br> Mon apprentissage est multiple :&nbsp;<br> &#8211;&nbsp;les enseignements de Sun Tzu me viennent spontanément à l’esprit: connaitre son adversaire permet de mettre à distance la peur, voire d’en faire un allié<br> &#8211;&nbsp;observer longtemps les guêpes au calme a permis à tous ceux qui l’ont fait de changer leur point de vue (voire même, je cite une visiteuse de passer d’une angoisse rageuse à une « tolérance bienveillante »)<br> &#8211;&nbsp;j’aime me sentir partie prenante et intégrée à la nature plutôt que en lutte contre elle (choix personnel)<br> &#8211;&nbsp;la curiosité et l’ouverture d’esprit des petits face aux habitants du Jardin me fascine toujours et je vais multiplier les espaces pédagogiques d’observation sans risque pour eux.</p>



<p>Et vous, qui sont vos guêpes dans votre vie ? Les avez-vous observées de près ? Y a-t-il une possibilité de les regarder différemment pour ne plus en avoir peur, voire d’en faire des alliées ?</p>



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<p><strong>Pour ceux qui veulent en savoir un peu plus sur les guêpes, ci-dessous une synthèse d’articles publiés.</strong></p>



<p>Dans le Jardin, les guêpes sont nos alliées de multiples façons. Tout d’abord, elles sont de très bonnes régulatrices…d’insectes ! Si ceux-ci sont indispensables à la nature, les guêpes, qui nourrissent leurs larves avec des proies, permettent de conserver l’équilibre au sein du vivant. Comme d’autres insectes, elles participent aussi à la pollinisation en butinant des fleurs pour se nourrir de leur nectar. Enfin, certains oiseaux, comme le guêpier, en font la plus grande partie de leur nourriture.</p>



<p>Il y a plus de 6000 espèces différences en France, mais seules les « jaunes et noires », que l’on distingue le plus facilement, vivent en société. La durée de vie d’un individu dépend de son rôle dans la colonie : la femelle fertile peut vivre une année tandis que les ouvrières vivront au maximum 22 jours, et les mâles jusqu’à six semaines. Seules les femelles ont la capacité de piquer.&nbsp;</p>



<p>Les guêpes adultes se nourrissent principalement de matières sucrées (fruits mûrs, nectar, miellat de pucerons, sève, le melon du pique-nique, etc.). Elles sont actives durant la deuxième moitié de l’été. A cette période, les colonies se fortifient et les jeunes femelles partent à la rencontre de nouveaux mâles pour s&#8217;accoupler. C’est la période à laquelle il convient de respecter quelques précautions de base.</p>



<p>&#8211;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Eviter de marcher pieds nus sur l&#8217;herbe&nbsp;<br>
&#8211;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Si on laisse un verre sans surveillance (en particulier de soda, vin, bière, etc.), bien le vérifier avant d’en prendre une gorgée ; ne pas laisser trainer d’aliment avarié<br>
&#8211;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Si une guêpe se pose sur vous, ne la chassez pas brusquement. Si possible, servez-vous d&#8217;un magazine ou d&#8217;un morceau de papier afin de la déposer délicatement ailleurs.</p>



<p>J’ai aussi eu la confirmation de mon expérience : aucune espèce n’attaquera l’humain, sauf en cas de défense ou de proximité avec le nid (moins de cinq mètres).</p>



<p>Marie-France Fourrier</p>



<p>Coach et permacultrice du vivant</p>
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