Gouttes d’inspiration #7

Gouttes d’inspiration #7

Les guêpes, ennemies ou alliées?

Les gouttes d’inspiration : Au fil des saisons, au fil des balades, cette « brève » est l’occasion de partager avec vous une réflexion inspirée par la nature et l’énergie du vivant.

Dans les vergers, la fin de l’été est souvent associée à la récolte des fruits … et à la présence de guêpes, surtout en cas de sécheresse. Or le Jardin des Déesses est largement pourvu d’arbres et d’arbustes fruitiers … et de visiteurs humains.

J’ai toujours été intriguée par les gestes combatifs que déclenchent souvent la présence d’une guêpe. (Je ne parle pas ici des personnes allergiques, dont on comprendra l’inquiétude et qui d’ailleurs ont plutôt tendance à se mettre à l’écart). J’étais moi aussi impressionnée par le vol d’une ou plusieurs guêpes autour de moi, mais plus curieuse que paniquée.

J’ai eu envie d’observer de plus près ces insectes si redoutés. J’ai donc mis en place des « restaurants à guêpes »: des petits bacs en plastique transparent dans lesquels je dépose les pommes et prunes avariés ramassés dans le jardin (il y en a une trop grande quantité pour qu’elle soit transformée par mon lombricompost). Ces « restaurants » sont positionnés derrière une baie vitrée à l’écart du passage habituel. Je les approvisionne tous les jours et enlève les bacs devenus inutiles (fruits trop secs, complètement évidés). J’ai également rajouté un bac de petits morceaux de bois friable. Je tiens à préciser que je n’ai jamais été piquée lors de mes manipulations des bacs, que je fais en douceur et aux heures les moins fréquentées. Mais c’est une expérience personnelle et je n’en fais pas l’apologie.

A l’intérieur de la maison et à l’abri de la vitre, il est possible d’observer de très près le ballet des guêpes. Les enfants adorent repérer leurs différentes activités :
–  certaines débitent les pommes en petites boulettes et s’envolent avec ces petites boulettes fermement accrochées entre leurs pattes;
–  d’autres raclent le bois avec leurs mandibules pour le mélanger à leur salive. Elles ramènent ensuite la pâte à bois pour la construction du nid;
–  d’autres encore prélèvent du liquide sucré à la surface des fruits les plus juteux;
–  d’autres, enfin, semblent en vigilance car elles sont les premières à intervenir pour les intruses « non club members » de « leur » restaurant.

Plusieurs types de guêpes coexistent : guêpes germaniques reconnaissables à leur barre en T sur la tête et guêpes communes. Elle se sont réparti les « restaurants » et vivent apparemment en bon voisinage.

Leur travail est considérable et elles facilitent le travail d’autres agents du sol en transformant des fruits avariés en dentelles de pelures et en monticules de toutes petites boulettes (les copeaux trop petits qu’elles ne peuvent pas emporter). Il leur arrive d’évider complètement un fruit, les poires en particulier, et de laisser derrière elles une structure translucide et éphémère.
 
Les étés où le nombre de fruits est très important, un plus grand bac est prévu à l’écart. J’ai constaté que des frelons européens viennent y chasser les guêpes. En vol stationnaire au dessus du bac, ils fondent brutalement sur une de leurs proies, agrippent avec dextérité et l’embarquent pour nourrir leurs petits. 
  
Mon apprentissage est multiple : 
– les enseignements de Sun Tzu me viennent spontanément à l’esprit: connaitre son adversaire permet de mettre à distance la peur, voire d’en faire un allié
– observer longtemps les guêpes au calme a permis à tous ceux qui l’ont fait de changer leur point de vue (voire même, je cite une visiteuse de passer d’une angoisse rageuse à une « tolérance bienveillante »)
– j’aime me sentir partie prenante et intégrée à la nature plutôt que en lutte contre elle (choix personnel)
– la curiosité et l’ouverture d’esprit des petits face aux habitants du Jardin me fascine toujours et je vais multiplier les espaces pédagogiques d’observation sans risque pour eux.

Et vous, qui sont vos guêpes dans votre vie ? Les avez-vous observées de près ? Y a-t-il une possibilité de les regarder différemment pour ne plus en avoir peur, voire d’en faire des alliées ?

Pour ceux qui veulent en savoir un peu plus sur les guêpes, ci-dessous une synthèse d’articles publiés.

Dans le Jardin, les guêpes sont nos alliées de multiples façons. Tout d’abord, elles sont de très bonnes régulatrices…d’insectes ! Si ceux-ci sont indispensables à la nature, les guêpes, qui nourrissent leurs larves avec des proies, permettent de conserver l’équilibre au sein du vivant. Comme d’autres insectes, elles participent aussi à la pollinisation en butinant des fleurs pour se nourrir de leur nectar. Enfin, certains oiseaux, comme le guêpier, en font la plus grande partie de leur nourriture.

Il y a plus de 6000 espèces différences en France, mais seules les « jaunes et noires », que l’on distingue le plus facilement, vivent en société. La durée de vie d’un individu dépend de son rôle dans la colonie : la femelle fertile peut vivre une année tandis que les ouvrières vivront au maximum 22 jours, et les mâles jusqu’à six semaines. Seules les femelles ont la capacité de piquer. 

Les guêpes adultes se nourrissent principalement de matières sucrées (fruits mûrs, nectar, miellat de pucerons, sève, le melon du pique-nique, etc.). Elles sont actives durant la deuxième moitié de l’été. A cette période, les colonies se fortifient et les jeunes femelles partent à la rencontre de nouveaux mâles pour s’accoupler. C’est la période à laquelle il convient de respecter quelques précautions de base.

–    Eviter de marcher pieds nus sur l’herbe 
–    Si on laisse un verre sans surveillance (en particulier de soda, vin, bière, etc.), bien le vérifier avant d’en prendre une gorgée ; ne pas laisser trainer d’aliment avarié
–    Si une guêpe se pose sur vous, ne la chassez pas brusquement. Si possible, servez-vous d’un magazine ou d’un morceau de papier afin de la déposer délicatement ailleurs.

J’ai aussi eu la confirmation de mon expérience : aucune espèce n’attaquera l’humain, sauf en cas de défense ou de proximité avec le nid (moins de cinq mètres).

Marie-France Fourrier

Coach et permacultrice du vivant

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